Toutes les ressources Lettre autographe signée de la femme de lettres Louise Colet au comédien Louis Fortuné Adolphe Laferrière (22 octobre 1872). 5 résultats (2 ms)

Lettre autographe signée de la femme de lettres Louise Colet au comédien Louis Fortuné Adolphe Laferrière (22 octobre 1872).

23Z/87 , 22 oct. 1872  

 

22 octobre 1872,

mardi matin

Cher Monsieur

Votre silence inexplicable m'inquiétait et ne pouvait aller me renseigner moi même Boulevard Voltaire, j'y ai envoyé un ami ; on lui a dit que vous êtes allé d'abord à Nantes, puis dans une autre ville où vous resteriez encore une quinzaine de jours. Cet ami s'est informé si vous envoyiez prendre vos lettres ? On lui a répondu que vous les aviez expédiées la veille. Je pense donc que celle-ci vous sera transmise, comme doit vous l'avoir été le précédent billet que je vous ai écrit. Je vous en prie, faites moi réponse courroier par courrier à ce que je vais vous dire si le temps vous manque.

Je compte sur l'obligeance de M. George pour vous remplacer. Ainsi que je vous l'ai mandé je compte irrévocablement quitter Paris.

Le 20 novembre et j'ai bien peu de temps, d'ici là, pour la mise en vente de mon livre et tous mes préparatifs. Je vais demander ces jours-ci une audience au Ministre de l'instruction publique et lui parler de mon drame. J'ai plusieurs moyens de l'interesser à la représentation de cet ouvrage. Naturellement, je lui dirai qu'un rôle vous est destiné.

Vous m'aviez parlé du Châtelet comme celui où le drame aurait le plude chance d'être accueilli et joué. Une circonstance vous donne raison, patrie n'a qu'imparfaitement réussi vous en jugerez par le compte rendu du journal le Corsaire l'article est très bien fait et fini par une réflexion qui semble une porte ouverte à la réception de mon drame. Cet article que je joins à ma lettre m'a donné l'idée d'écrire à son orateur monsieur Henri Maret sans me faire connaître. Je vous envoie le double de la lettre que je lui adresse. Lisez le tout attentivement et vous comprendrez combien, il importe que je hâte bien vite et positivement  le jour de votre arrivée, afin que je puisse communiquer le manuscrit au ministre et vous de votre côté le communiquer à M. Maret (sans me nommer) pour ce que j'écris à ce dernier, vous comprendrez que la réception du drame au chatelet impliquerait votre engagement. Melle Duguerret jouerait Madeleine, Paul Deshayes l'amant, Dumaine le père et vous le mari rôle que vous préparez et que vous avez choisi.

J'espère en cette combinaisonavec l'aide du journaliste, Maret croira patrôner un auteur mort. 

Prompte réponse je vous en prie, arrivez vite, ma santé n'est pas bonne et je voudrais faire de suite cette tentative. Bien entendu que la lettre adressée à Monsieur Maret est écrite d'une autre main que la mienne.

Bon souvenir ainsi qu'à monsieur George 

Louise Colet.