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Lettres patentes du roi Charles VII anoblissant Jean du Mesnil (échevin de la ville d'Alençon) et sa descendance (avril 1449), contresignées du secrétaire d'État Etienne Chevalier : parchemin, grand sceau en cire verte sur lacs de soie verte et rouge.

II/8 , avril 1449  

LETTRE PATENTE DU ROI CHARLES VII, ANOBLISSANT JEAN DU MESNIL ET SA DESCENDANCE, ALENÇON, AVRIL 1449.

La lettre patente est un acte de chancellerie royale, scellée par le sceau tenu par le chancelier ou le garde des sceaux et contresignée par un secrétaire d'État. La lettre patente porte donc connaissance de tous, une décision royale qui confirme la donation. Initialement scellée du sceau pendant, la cire est d'abord de couleur indifférente, brune ou rouge. Sous Philippe Auguste (1180-1214), la chancellerie s'organise sous l'autorité du garde des sceaux qui fait établir les registres où sont enregistrés les actes importants de la politique, l'administration du domaine et du royaume. Dans ces registres de la chancellerie sont enregistrées les lettres patentes scellées de cire verte sur lacs de soie rouge et verte qui ont l'exclusivité de la valeur perpétuelle contrairement aux actes à caractère temporaire, tels que le mandement (ou la missive), scellés de cire jaune sur simple ou  double queue de parchemin. Parchemin en vélin, sa présentation matérielle est soignée. De part et d'autre du texte, les marges sont marquées verticalement à la mine de plomb, ainsi que la réglure horizontale. Le repli inférieur, d'assez grande dimension vient affleurer la dernière ligne du texte. Le texte est écrit en latin qui prédomine jusqu'à l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539. Quelques accidents et manques sont à notifiés.

La charte commence par la suscription royale et présente une notification perpétuelle.

Charles, par la Grâce de Dieu, roi des Francs pour en perpétuer le souvenir,(&). Bien que notre ami Jean du Mesnil, (&), ait une origine roturière(&), cependant sa louable vie, ses mœurs honnêtes, et les autres vertus qui ornent sa personne l'anoblissent et le distinguent dans ses actes (&)

 Elle comporte ensuite des verbes de volonté, une adresse universelle,

Nous faisons donc savoir à tous tant présents qu'à venir, qu'en  considération des choses exposées ci-dessus, ainsi qu'en raison des services gratuits, qu'il nous a rendus en plusieurs manières et surtout dans le recouvrement de la ville et château d'Alençon en pays de Normandie d'entre les mains des Anglais nos anciens ennemis.

Nous, pour ces raisons, anoblissons ledit Jean du Mesnil et sa postérité et lignée de l'un et l'autre sexe née, à naître en légitime mariage(&)

Nous leur donnons aptitude et capacité de posséder et jouir de chacun des privilèges, libertés et autres droits dont usent et ont usé les autres nobles de notre royaume(&)

Voulant en outre que ledit Jean du Mesnil, sa race et postérité mâle née et à naître en légitime mariage puissent être revêtus d'une dignité de chevalerie (&)

Une formule de corroboration (toujours perpétuelle) et exécutoire finalise la lettre.

(&) auxquelles voulant donner force de stabilité perpétuelle  nous y avons fait apposer notre sceau (en conservant toujours saufs et intacts nos droits et ceux d'autrui).

L'acte s'achève par la formule de datation normalement introduite comportant l'année, le mois, ainsi que la quantième mention de l'année du règne.

Donné à Alençon, au mois d'avril, l'an de grâce MCCCC quarante-neuf et de notre règne le vingt-huitième.

SCEAU DE CHARLES VII, ROI DE FRANCE.

Deuxième sceau de majesté de Charles VII, roi de France de 1422 à 1461, en usage de 1445 jusqu'à la mort du roi le 22 juillet 1461 à Mehun-sur-Yèvre.

Fils de Charles VI (1368 1422), le jeune dauphin quitte Paris envahie par les Bourguignons en 1418, en pleine guerre de Cent Ans (1337-1453), et se réfugie à Bourges, capitale de son duché de Berry, y établit la Cour des comptes et se proclame Roi de France à la mort de son père en 1422.

Le nom de Charles VII reste principalement attaché à l'époque de Jeanne d'Arc (1412-1431) qui lui permit de renverser la situation difficile et d'être sacré à Reims (17 juillet 1429). L'année 1453, marque la fin de la guerre de Cent Ans et le triomphe de Charles VII, victorieux du roi d'Angleterre après la bataille de Castillon et la prise de Bordeaux. Charles VII retrouve la souveraineté de la Guyenne et de l'ensemble du royaume de France, à la seule exception de la ville de Calais qui reste aux mains des Anglais.

Ce sceau en majesté est une image de propagande du pouvoir royal capétien, Charles VII, roi de France est représenté en « majesté » c'est-à-dire qu'il est représenté de face, assis sur son trône, avec les attributs de la royauté. Il est vêtu d'une dalmatique, bordé d'un liseré et fermée sur l'épaule par une agrafe. Il porte plusieurs insignes royaux largement réutilisés par les capétiens depuis des siècles : la couronne royale à trois fleurons ; un sceptre dans sa main droite et la main de justice dans sa main gauche. Le sceptre est un bâton de commandement orné ressemblant à une masse d'arme, insigne du pouvoir suprême que détient le roi sur ses sujets. La main de justice, symbole de clémence, indique que le roi peut rendre la justice. Le pouce représente le roi, l'index la raison, le majeur la charité, les deux autres doigts la foi catholique. Les trois doigts ouverts symbolisent également la Trinité. Charles VII se tient sous un dais à trois galbes d'où pend un pavillon semé de fleurs de lis qui revêt une dimension symbolique : c'est la représentation du ciel étoilé, une image cosmique qui souligne les origines divines du monarque représentant Dieu sur terre. Responsable du salut de ses sujets, le monarque français n'est pas un roi ordinaire mais bien un monarque sacré et thaumaturge qui possède le pouvoir de faire des miracles en guérissant les écrouelles.

La grande taille du sceau (105 mm) et sa légende Karolus dei Gracia Francorum Rex (Charles par la Grâce de Dieu, roi des Francs) ne font que renforcer l'image de la puissance royale.

Il est entouré de quatre lions représentés de face, dont deux sont couchés sous ses pieds : dans l'iconographie zoomorphe du Moyen Âge, la représentation d'un animal de face est presque toujours péjorative. Si le lion représente la puissance et la sagesse, il est aussi le symbole de la monarchie anglaise. Ce sceau rappelle de façon ironique, que le roi d'Angleterre est le vassal du roi de France et qu'il sera vaincu par lui lors de la guerre de Cent Ans.

 

LETTRES DE NOBLESSE DONNÉES PAR CHARLES VII, ROI DE FRANCE, AU MOIS D'AVRIL 1449

Karolus, Dei gracia Francorum rex, ad perpetuam rei memoriam. Decens et juri consonum arbitramur, illos nobilitatibus et prerogativis muniri, quos probos, et fideles, ac vita laudabili, morum honestate et aliis virtutum donis, adinvenit  decoratos regia majestas. Sane licet, dilectus noster Joannes du Mesnil libere condicionis et de legitimo matrimonio procreatus ex plebeis parentibus sumpserit originem verumtamem viat laudabilis, morum honestas et alie virtutes quibus personna ejus decoratur et adornatur, ipsum nobilem et insignem reddunt in suis actibus et nos inducunt ut erga eum reddamur adgratiam liberales. Notum igitur facinus universis tam presentibus quod futuris quod nos premissorum consideratione necnon gratuitorum serviciorum, nobis per ipsum in recupperatione ville et castri de Alençonio, in patria nostra de manibus Anglicorum, inimicorum nostrorum antiquorum et alias multimodo impensorum, ipsum et ejus posteritatem et prolem masculinam et femineam in legittimo matrimonio natam et nascituram nobilitamus et per presentes, de gratia speciali, ex nostra certa scientia, plena potestate et auctoritate regia, nobiles facimus et creamus, expresse concedentes, ut ipse Joannes Du Mesnil, et tota ejus posteritas utriusquesexus in legittimo matrimonio nata et nascitura in judicio et extra ab omnibus pro nobilibus habeantur et amodo reputentur ac habiles reddimus ut ipsi sigulis previlegiis, libertatibus et aliis juribus quibus ceteri, regni nostri, nobiles usi sunt et utuntur, gaudeant et fruantur pacifice ; ipsum Joannen Du Mesnil et ejus posteritatem predictam aliorum nobilium regni nostri ex nobili stipite procreatorum numero et cetui aggregantes, licet, ipse ex nobili genere ortum non traxerit, ut dictum est. Volentes insuper quod sepedictus Johannes du Mesnil ejusque proles et posteritas masculina in legittimo matrimonio, ut dictum est, nata et nascitura dum et quociens et a quocumque milite voluerint cingulum militie valeant adispsci, feoda et retrofeoda ac res nobiles a nobilibus ey qubuscumque aliis acquirere et jam acquisitas et etiam acquirendas retinere et possidere perpetuo valeant et tenere ; absque eo quod ea vel eas nunc vel in futurum innobilitatis occasione extra manum suam ponere vel alenare cogantur nec compellantur solvendo tamen nobis financiam propter hoc moderatam per dilectas et fideles nostras gentes compotorum nostrorum et thesaurariorum componendam. Quocirca eis dem gentibus compotorum nostrorum et thesaurariis, baillivo&, ceterisque justitiariis nostris, vel eorum locatenentibus, presentibus et futuris et eorum cui libet prout pertinuerit, tenore presentium mandamus quatinus nostris presentibus, nobilitatione, concessione et gratia dictum Johannem du Mesnil et ejus posteritatem utriusque sexus in legitimo matrimonio, ut pretactum est, natam et nascituram uti et gaudere plenarie et pacifie faciant et permittant, absque quovis impedimento. Quod si forsan illatum foret ad statum pristinum et debitum reducant seu redduci faciant indilate, visis presentibus, quibus ut perpetue stabilitatis robur obtineant, nostrum jussimus apponi sigillum nostro in aliis et in omnibus quolibet alieno jure semper salvo. Datum Alençonio, in mense aprilisanno Domini millesimo CCCCmo quadragesimo non et regni nostri vicesimo octavo ante Pacha.

Expedita in camera compotorum domini nostri Regis et ibidem libro cartarum hujus temporis , folio vigesimo IXe registrata, mediante summa quinquaginta scutorum auri in thesauro soluta per ejus, exoneratores XXe marcii ordinatione dominorum. Actum ad burellum XXIIda die ejusdem mensis, Anno domini millesimo CCCC LXXVI.

                                                               CHEVALIER .

Sur le repli : Per Regem in suo concilio.

                                                               ROLAND .

Visa : Contentor, CHALIGANT .

 

TRADUCTION DES LETTRES D'ANOBLISSEMENT DONNÉES PAR CHARLES VII.

 

Charles, par la Grâce de Dieu, roi des Francs pour en perpétuer le souvenir, nous croyons convenable et conforme au droit de distinguer par titres de noblesses et prérogative ceux en qui le public admire la probité, la fidélité, la conduite louable et les mœurs honnêtes. Bien que notre ami Jean Dumesnil, de condition libre et issu de légitime mariage, ait une origine roturière de père et de mère, cependant sa louable vie, ses mœurs honnêtes, et les autres vertus qui ornent sa personne l'anoblissent et le distinguent dans ses actes et nous engagent à user librement de nos grâces à son égard.

Nous faisons donc savoir à tous tant présents qu'à venir, qu'en  considération des choses exposées ci-dessus, ainsi qu'en raison des services gratuits, qu'il nous a rendus en plusieurs manières et surtout dans le recouvrement de la ville et château d'Alençon en pays de Normandie d'entre les mains des Anglais nos anciens ennemis.

Nous, pour ces raisons, anoblissons ledit Jean du Mesnil et sa postérité et lignée de l'un et l'autre sexe née, à naître en légitime mariage et par les présentes de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale et par grâce spéciale nous le faisons et déclarons noble avec toute sa postérité, concédant d'une manière expresse à Jean du Mesnil et à toute sa postérité de l'un et l'autre sexe née et à naître en légitime mariage d'être par toute personne, tenus et réputés dès à présent pour nobles, en présence et hors de justice et tribunaux. Nous leur donnons aptitude et capacité de posséder et jouir de chacun des privilèges, libertés et autres droits dont usent et ont usé les autres nobles de notre royaume, incorporant aux autres nobles de notre royaume issus de noble souche, ledit Jean du Mesnil et sa postérité susdite bien que lui-même, comme il a été dit ci-dessus ne soit pas sorti de noble race.

Voulant en outre que ledit Jean du Mesnil, sa race et postérité mâle née et à naître en légitime mariage puissent être revêtus d'une dignité de chevalerie par un chevalier quelconque, et acquérir des nobles et autres personnes quelconque des fiefs, arrière-fiefs et objets nobles, retenir comme leur propriété les dits objets déjà acquis ou à acquérir, sans qu'ils soient forcés ou contraints à laisser aller de leur main comme non nobles ou d'aliéner maintenant ou dans l'avenir lesdits fiefs, arrière fiefs ou nobles biens, toutefois en payant la somme pour ce fixée à nos amis et fidèles trésoriers et qui sera versée au trésor. Cependant par la teneur des présentes, mandons à nos receveurs, trésoriers, baillis, et nos autres justiciers ou leurs lieutenants présents et à venir et à chacun d'eux, ainsi qu'il appartiendra de faire user et jouir pleinement et paisiblement, sans empêchement quelconque de nos présentes déclarations de noblesse, concession et grâce, ledit Jean du Mesnil et sa postérité de l'un et l'autre sexe née et à naître comme il a été indiqué ci-dessus, en légitime mariage ; que si par hasard il était porté atteinte à leurs droits, ils les ramènent ou fassent rentrer dans leur ancien état et dans leurs droits sans aucun délai sur le vu des présentes, auxquelles voulant

donner force de stabilité perpétuelle  nous y avons fait apposer notre sceau (en conservant toujours saufs et intacts nos droits et ceux d'autrui).

Donné à Alençon, au mois d'avril, l'an de grâce MCCCC quarante neuf et de notre règne le vingt-huitième.

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Lettre autographe signée de la femme de lettres Louise Colet au comédien Louis Fortuné Adolphe Laferrière (sd).

23Z/92 , s.d.  

 

 

 

Monsieur,

je vous ai souvent applaudi au théâtre et vous avez peut-être eu quelquefois de mes voeux ; mais personnellement nous ne nous connaissons point. Je viens pourtant avec confiance vous demander un service.

Je serais allée au théâtre pour en causer avec vous mais depuis quelque temps le mauvais état de ma santé m'empêche absolement de sortir le soir.

S'il vous était possible de me faire une petite visite dans lajournée de vendredi, je vous en serais très reconnaissante . L'affaire dont j'ai à vous parler pourra vous intéresser et je serai très heureuse Monsieur quand l'occasion s'en présentera de rappeler votre nom dans deux journaux auxquels je travaille de deux à sept heures.

Vous êtes bien assuré de me rencontrer vendredi et même toute la soirée si vous ne jouiez pas.

Pardonnez Monsieur ce dérangement que je vous cause et croyez à mes sentiments les plus distingués.

Louise Colet 

Mercredi soir.

21 rue de Sèvres

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Extrait de la matrice cadastrale des propriétés bâties (cases 481-1115), folio 600.

1G/29 , 1825-1911  

Parcelle A180

En 1880-1882, la maison (cour et sol), ainsi que le jardin sont achetés par Adrien Lhermier, juge suppléant au tribunal civil d'Alençon, qui demeure au 4 rue de Bretagne. Il est également rentier et propriétaire quatre maisons dont deux sont situées dans la rue Cazault. Les autres sont localisées Place d'Armes, rue de l'Émulation, Ruelle des Poulies, Rue de Bretagne, ainsi que quelques pièces de labours et de prés implantées au lieu-dit "Les ruisseaux"

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Lettre autographe signée de l'écrivain Alfred Edouard Touroude à l'acteur Adolphe Laferrière [4 juin 1870].

23Z/63 , 04 juin 1870  

Mon cher Laferrière,

Je sors de l'Odéon où j'ai parlé de ma pièce de l'hiver prochain, inutilede vous dire qu'en passant je n'ai point fait un crochet vers Cluny.

Je serai jeudi prochain à Paris de 2h à 2h1/2.

Je vous attendrai au café de la porte Saint Martin pour causer d'affaires.

Entre nous, je compte absolument sur vous pour diverses causes.

Votre

A. Touroude

PS. Si d'ici jeudi vous voyiez Larochelle permission de laisser entrevoir que nous  pourrions faire affaire avec lui mais sous reserve ; d'ici à jeudi, je puis en effet avoir à vous offrir autre chose.

Donc à jeudi

A. Touroude

 

Votre A. Touroude

167 Faubourg Poissonnière

Paris, le 7 mars 1870

A. Touroude

 

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Lettre autographe signée de la femme de lettres Louise Colet au comédien Louis Fortuné Adolphe Laferrière [1873].

23Z/83 , 1873  

Dimanche 27 octobre 

Mon cher monsieur,

Je trouve dans l'Événement de ce matin l'article ci-joint qui m'apprend enfin où vous êtes. Il est bien mal, bien mal à vous de ne pas m'avoir écrit une ligne. Je vous ai adressé il y a deux jours une lettre importante renfermant un feuilleton de théâtre à votre domicile à Paris. Réclamez là de suite et veuillez me répondre ou me faire répondre bien vite. Si votre absence se prolonge plus de 10 jours tachez de me faire remettre mon drame afin que je commence les démarches dont je vous parle dans ma dernière lettre.

Je quitterai Paris irrévocablement en novembre.

Un mot précis, je vous en prie et croyez toujours à mes bons sentiments.

Louise Colet.

Compliment à monsieur George.

 

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Lettre autographe signée de l'écrivain Edouard Plouvier à l'acteur Adolphe Laferrière [1863].

23Z/22 , 1863  

Mercredi matin

Mon cher Adolphe,

d'après ce que m'avait dit Alexis, je suis allé te voir lundi en compagnie de dames du monde et comme on avait retenu une loge des premières et que ces loges sont précisément au fond de la salle, il est très probable que tu ne m'auras pas vu t'applaudir avec entrain. Je veux donc te dire tout le plaisir que tu m'as fait non seulement au point de vue de l'amitié dans ce rôle d'Armand Duval qui n'a jamais été aussi bien joué à mon avis. C'est vraiment un grand succès que tu as obtenu là et j'en suis ravi pour toi. Jamais tu n'as paru plus élégant, ni plus jeune indépendamment de la science contenu et de l'énergie de ton jeu.

Quoique très occupé, j'ai voulu t'envoyer ces félicitations  sincères accompagnées d'un bon serrement de main.

Edouard

Je tacherai d'aller un de ces matins te complimenter de vive voix.

Paris, le 1863

Edouard Plouvier

Edouard Plouvier

51 rue des Marais Saint Martin

 

 

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Correspondance de M. de Brébisson à Mme Descoutures, concernant l'œuvre de Louise Vallory « Madame Hilaire »

18Z/4 , 04 mai 1917  

Correspondance de M. Brebisson au sujet du livre Mme Hilaire de Louise Vallory

Madame,

J'ai lu avec intérêt Madame Hilaire, dont je ne me rappelais rien que le titre. C'est intéressant et bien écrit, c'est une critique très acerbe de la vie de province telle qu'elle était alors. Les portraits sont amusants mais parmi ces personnages assez nombreux, il n'y a ni un aimable homme, ni une femme bonne et charitable. Cependant, il y a de mauvaises gens c'est certain, mais partout il y en a de bons.

J'ai passé les 32 premières années de ma vie dans une petite ville (Falaise) et je puis vous assurer qu'il y avait des maitresses de maison parfaites et accueillantes et qui ne négligeaient ni leurs maris, ni leurs enfants.

Madame Descoutures a la dent dure et la religion et le clergé ne sont pas traités d'une façon aimable.

Je ne m'explique pas comment racontant une histoire se passant à Domfront où son mari était notaire, elle présente M. Hilaire comme notaire dans une ville où il n'y en a qu'un.

Je le sais car en 1885, j'ai eu affaire au notaire de Domfront.

Je me suis permis, Madame de copier la liste des personnages, vous seriez fort aimable de me donner de vrais noms de ceux que vous connaissez et j'ai mis au crayon ceux que je crois savoir.

Je tiens, Madame, à vous adresser encore tous mes remerciements ; je suis très reconnaissant que vous ayez bien voulu m'envoyer ce livre devenu très rare.

J'espère qu'il fera bien son voyage de retour.

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes sentiments respectueux

De Brebisson

Les Forges 4 mai 1917

Vallory est-il le nom de jeune fille de Madame Descoutures où est-ce un pseudonyme pris pour la circonstance ?