Correspondances de Louise Hervieu adressées au docteur Joseph Flandrin (1867-1942) (médecin accoucheur en chef de l'hôpital de Grenoble et frère du peintre Jules Flandrin, collectionneur et bibliophile, client de Louise Hervieu).

1921-1925  

Ensemble de 7 lettres autographes signées de Louise Hervieu, adressée au docteur Joseph Flandrin.

Belle correspondance artistique et personnelle :

A propos d'un dessin de Louise Hervieu, la maman Caubet de Sentein (Ariège), que l'artiste a envoyé à son correspondant en 1921, après mûre réflexion, « un choix qui me tenait au cœur car je crois fermement qu'il y a entre une œuvre et son sujet, plus de rapports secrets qu'on ne le croit généralement [...]

En 1922, elle le remercie d'avoir accepté de lui avoir prêté ce même dessin à l'occasion d'une exposition.

30 octobre 1922, Louise Hervieu évoque « sa prochaine et dernière exposition [chez Bernheim-jeune]. Après quoi, je dois vivre et travailler (si je le peux encore !) à l'écart de toute manifestation car je ne suis plus qu'une fille malade [elle était née avec la syphilis et souffrit toute sa vie] ». Elle évoque également des livres illustrés, Le Spleen de Paris de Baudelaire et une suite de nus en souscription à la Librairie de France.

12 août 1925 : elle adresse au docteur Flandrin, une lettre bouleversante où elle s'associe à sa douleur après la perte de sa fille, etc.

On joint une copie de lettre de Louise Hervieu à M. Rome, évoquant les peintres Flandrin, Valloton et Marval : à propos d'une autre femme peintre, son amie Jacqueline Marval (1866-1932) : « [...] l'exposition de notre chère Marval qui est la plus admirable et la plus charmante qu'on puisse rêver. Il y a surtout les fleurs si éblouissantes qu'on en ferait hommage à la Reine&du Ciel ».

Les panneaux de Marval » sont bien plus beaux dans cette lumière d'exposition que dans l'atelier ! [...] ».

On joint également le catalogue de l'exposition de dessins de Louise Hervieu à la galerie Bernheim-Jeune, en novembre 1922. In-12, 8 pages broché. Ainsi qu'un article de Jean Villebois sur Louise Hervieu avec reproduction d'un dessin.

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3 médias

Correspondance de Charles Leforez sur l'oeuvre "Mme Hilaire" de Louise Vallory (25 mars 1886).

18Z/1 , 25 mars 1886  

Bernay ce 25 mars 1886

Cher Monsieur,

Je suis bien en retard pour vous accuser réception de vos deux aimables envois. Ma seule excuse c'est que dans ces derniers, je devais aller à Argentan d'où je comptais pousser jusqu'à Alençon pour admirer votre sanctuaire. Le projet est ajourné à la semaine de Pâques.

Vous n'avez pas craint de vous mesurer avec le terrible docteur X de la Ferté Fresnel ou Macé, et Dieu vous a accordé la victoire en vous laissant le dernier mot. Ce pauvre docteur avait servi à son public au café par trop frelate celui que vous lui avez servi était d'une essence trop pure et a du lui causer de longues insomnies.

J'ai lu avec intérêt et plaisir le livre de Madame de Vallory.

J'espère avoir sous peu l'occasion de développer de vive voix près de vous mon appréciation, en attendant je me résume en quelques mots.

Il me semble difficile d'admettre que cet ouvrage soit les preuves de l'auteur. Il y a des recherches de style d'horreur et accouplements de mots qui dénotent l'habitude d'écrire.

La préface est piquante... En la forme peu originale au fond, mais sans lien logique avec la suite du Roman. La personnalité de l'auteur se manifeste surtout dans l'observation et la peinture des ridicules de province. Je dis des ridicules et sous des mœurs parce que le tableau est incomplet et ce n'est qu'une satire. L'histoire d'amour est un peu banale et les deux livres peu intéressants. Le livre semble avoir été écrit sous l'influence d'un ouvrage célèbre antérieur de quelques années. Même cadre à peu de chose près. Le chef-lieu d'arrondissement sur l'air du chef-lieu de canton, le notaire au lieu du médecin, l'adultère dans les deux cas, et la mort comme dénouement.

Seulement Madame Bovary est un type et l'œuvre une date dans la littérature.

L'œuvre critique sur Victor Hugo dont je vous ai parlé est intitulé Victor Hugo avant 1830 par Edmond Biré et a été insérée dans la correspondance de 1855 en plusieurs articles.

Vous y veniez développer une thèse que vous ferez bien d'étudier avant d'entreprendre votre panégyrique je vous avoue que votre "Hugolâtrie" me parait excessive.

En attendant le plaisir de vous voir, je vous serre cordialement la main.

Votre tout dévoué

Ch. Leforez