Toutes les ressources BOULLAY Louise (pseud. VALLORY Louise) (Femme de lettres) 15 résultats (5ms)

/medias/customer_2/Fonds_Prives/18Z_Vallory/18Z7/18Z7_1_jpg_/0_0.jpg
4 médias

Testament de Louise Boullay veuve Mesnier dite Louise Vallory, donation et legs à la ville d'Alençon (22 mars 1889).

18Z/7 , 22 mars 1889  

Ceci est mon testament

Je donne et lègue à la ville d'Alençon (Orne) le capital nécessaire pour acheter une rente sur l'Etat français 3% de 1500 francs qui sera employée à perpétuité à l'instruction d'un jeune homme pauvre, le plus pauvre, le plus abandonné de préférence mais bien doué de l'arrondissement d'Alençon et qui décelera des aptitudes spéciales soit pour les arts, soit pour les sciences, soit pour les études mécaniques. Le choix de ce jeune homme sera fait sans distinction d'opinion politique et de religion par un comité composé du Préfet de l'Orne, du maire d'Alençon, des présidents du conseil général et du conseil d'arrondissement et du proviseur du collège d'Alençon. Cette rente ne pourra être servie au même individu que pendant douze ans. Si au bout de ce temps, il ne se présente pas immédiatement au sujet remplissant les conditions requises la rente de quinze cents francs sera conservée et capitalisée en achat de rente 3% de l'état français de sorte que le capital sera augmenté de l'accumulation des arrérages non employés, mais conservera toujours la même destination. La rente dont il s'agit sera exempte de tous frais et droits. La rente dont il s'agit sera inscrite au grand livre de la dette publique de la manière suivante : ville d' Alençon, fondation Louise Mesnier. La présente rente inaliénable sera employée en perpétuité conformément au testament de Madame Mesnier.

Je lègue en outre au musée d'Alençon un portrait du duc d'Alençon « François » II, un camée antique représentant un empereur romain et mon portrait médaillon bronze.

Je désire être enterrée au cimetière Montmartre, dans la même tombe que ma fille, j'ai un terrain à perpétuité mais pas de caveau, l'achat du caveau sera prélevé sur les deniers de ma succession, on sculptera sur ma tombe mon médaillon bronze avec quelque bas-relief qui rappelle ma fille. Je désire un monument simple mais de bon goût, mon exécuteur testamentaire consultera le choix de l'artiste qui en sera chargé Guillaumet ou Pepis ou prélèvera pour cette érection la somme nécessaire sur ma succession qui m'enterrera et me mettra au cou un petit médaillon contenant des cheveux de Thérèse et G. David. On me fera un enterrement civil non fastueux mais honorable.

Je lègue à ma cousine Augustine Boullay demeurant rue du Jeudi Alençon, la somme de quatre mille francs pour frais de deuil.

Je donne à mon médecin le docteur Love qui m'a soignée depuis 20 ans le meuble noir en ébène de mon salon avec 2 petites potiches d'urbino, un mortier ivoire 16eme siècle sont dessus et mes deux appliques en bronze Louis XIV. à M. Valentin sénateur, je lègue mon lit à colonnes torses avec garnitures et courte pointe appareillées, mon horloge noire du salon, les 2 grands fauteuils de ma chambre, la glace en bois sculpté de ma chambre et une esquisse de musiciens ambulants, un portrait d'homme école flamande attribué en Cornélie de vous et une étude au pastel d'après moi (buste et le vin enfermé dans les casiers de ma cave pour se rappeler les quelques deniers d'amitié que nous avons faite ensemble.

A M Guillaumet rue de la machine Sèvres, mon panneau de tapisserie chasse au cerf, à M.Aristide Rey l'autre panneau de tapisserie Moïse sauvé des eaux, le petit cartel de ma chambre à coucher et les 4 vieilles potiches de la cheminée. Je lui lègue aussi mes manuscrits et le coffre qui les renferme et le prix d'examiner le parti qu'on ne pourrait tirer.

Je lègue à M. Paples 2 petits portraits tête de frères, l'une de l'école de Rubens, l'autre enveloppée d'un voile noir. A M. Chevrot architecte à Dijon 15 bis avenue du Parc, un écrou ou petit point représentant l'adoration des mages. A M. Marchal place du marché aux blés Melun, une pièce de faille noire, ma dentelle de Chantilly, mon point d'Alençon, un autre lot de dentelles blanches et mes trois tapis d'Orient. Je fais remise à mon beau-frère  M. Philemon Mesnier de deux mille francs sur la somme de quatre mille francs qu'il me doit encore. Je lègue à Melle Magalie Declus, ma parure d'ambre, boucles d'oreilles peigne, collier et mon manchon en martre, à sa sœur Jeannine ma montre avec sa chaîne, médaillon, à madame Moirot qui m'a soigné avec sollicitude pendant que j'étais malade, ma bibliothèque avec les livres qu'elle renferme, les boucles d'oreilles scarabées, 5 matelas de mon second lit, 2 couvertures de laine, 2 en coton, traversin, oreillers et mon petit manchon.

A Pauline Evrard 62 rue de Lancry 3 paires de mes draps C. D et mes deux couvre pieds à la bonne qui sera prier de moi à l'heure de mon décès  de linge de corps, chemises, camisoles, jupons et tabliers de cuisine , effets à sa convenance.

J'institue M. de Groote mon exécuteur testamentaire et je le prie d'accepter comme dédommagement de ses peines un bracelet avec diamant taillé en rose, le canapé et les 8 fauteuils de mon salon, rideau, bureau, la garniture de ma cheminée de Saxe et potiches et flambeaux 4

Je lègue à mon concierge 25 bouteilles de vin blanc sauthernay, à ma cousine Augustine mes manteaux en velour et mes costumes à sa convenance.

Signé Louise Marie Baullay veuve Mesnier

Paris, 22 mars 1889.

(jeune gens à qui depuis 1880 le legs a été attribué : Despierres (sciences), Brisard, Martel (peinture), Niverd (Musique)

/medias/customer_2/Fonds_Prives/18Z_Vallory/18Z3/18Z3_1_jpg_/0_0.jpg
3 médias

Correspondance de M de Brébisson à Mme Descoutures, épouse de Reynold Ernut-Descoutures (greffier de commerce, fils de Louise Vallory), remerciements pour lui avoir offert son livre « Madame Hilaire »

18Z/3 , 21 avril 1917  

Correspondance de Brébisson où il remercie Mme Descoutures, qui lui a offert son livre « Madame Hilaire »

Madame,

Je m'empresse de vous accuser réception du volume de Madame Hilaire. Vous êtes bien aimable d'avoir bien voulu me le communiquer. C'est comme vous le dîtes très bien, je le crois introuvable.

Je vous demanderai la permission de le garder quelques jours et puisque vous voulez bien me l'offrir, j'aurai peut-être l'indiscrétion d'abuser de votre complaisance pour vous poser quelques questions.

Si mes souvenirs sont exacts presque tous les personnages existaient mais il n'y avait que les noms qui étaient changés ou simplement modifiés.

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes respectueux hommages.

De Brébisson

Les Forges, 21 avril 1917

/medias/customer_2/Fonds_Prives/18Z_Vallory/18Z4/18Z4_1_jpg_/0_0.jpg
2 médias

Correspondance de Brébisson où il remercie Mme Descoutures, qui lui a offert son livre « Madame Hilaire »

18Z/2 , 21 avr. 1917  

Madame,

Je m'empresse de vous accuser réception du volume de Madame Hilaire. Vous êtes bien aimable d'avoir bien voulu me le communiquer. C'est comme vous le dîtes très bien, je le crois introuvable.

Je vous demanderai la permission de le garder quelques jours et puisque vous voulez bien me l'offrir, j'aurai peut-être l'indiscrétion d'abuser de votre complaisance pour vous poser quelques questions.

Si mes souvenirs sont exacts presque tous les personnages existaient mais il n'y avait que les noms qui étaient changés ou simplement modifiés.

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes respectueux hommages.

De Brébisson

Les Forges, 21 avril 1917

/medias/customer_2/Fonds_Prives/18Z_Vallory/18Z4/18Z4_1_jpg_/0_0.jpg
2 médias

Correspondance de M. de Brébisson à Mme Descoutures, concernant l'œuvre de Louise Vallory « Madame Hilaire »

18Z/4 , 04 mai 1917  

Correspondance de M. Brebisson au sujet du livre Mme Hilaire de Louise Vallory

Madame,

J'ai lu avec intérêt Madame Hilaire, dont je ne me rappelais rien que le titre. C'est intéressant et bien écrit, c'est une critique très acerbe de la vie de province telle qu'elle était alors. Les portraits sont amusants mais parmi ces personnages assez nombreux, il n'y a ni un aimable homme, ni une femme bonne et charitable. Cependant, il y a de mauvaises gens c'est certain, mais partout il y en a de bons.

J'ai passé les 32 premières années de ma vie dans une petite ville (Falaise) et je puis vous assurer qu'il y avait des maitresses de maison parfaites et accueillantes et qui ne négligeaient ni leurs maris, ni leurs enfants.

Madame Descoutures a la dent dure et la religion et le clergé ne sont pas traités d'une façon aimable.

Je ne m'explique pas comment racontant une histoire se passant à Domfront où son mari était notaire, elle présente M. Hilaire comme notaire dans une ville où il n'y en a qu'un.

Je le sais car en 1885, j'ai eu affaire au notaire de Domfront.

Je me suis permis, Madame de copier la liste des personnages, vous seriez fort aimable de me donner de vrais noms de ceux que vous connaissez et j'ai mis au crayon ceux que je crois savoir.

Je tiens, Madame, à vous adresser encore tous mes remerciements ; je suis très reconnaissant que vous ayez bien voulu m'envoyer ce livre devenu très rare.

J'espère qu'il fera bien son voyage de retour.

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes sentiments respectueux

De Brebisson

Les Forges 4 mai 1917

Vallory est-il le nom de jeune fille de Madame Descoutures où est-ce un pseudonyme pris pour la circonstance ?

/medias/customer_2/Fonds_Prives/18Z_Vallory/18Z1/18Z1_1_jpg_/0_0.jpg
3 médias

Correspondance de Charles Leforez sur l'oeuvre "Mme Hilaire" de Louise Vallory (25 mars 1886).

18Z/1 , 25 mars 1886  

Bernay ce 25 mars 1886

Cher Monsieur,

Je suis bien en retard pour vous accuser réception de vos deux aimables envois. Ma seule excuse c'est que dans ces derniers, je devais aller à Argentan d'où je comptais pousser jusqu'à Alençon pour admirer votre sanctuaire. Le projet est ajourné à la semaine de Pâques.

Vous n'avez pas craint de vous mesurer avec le terrible docteur X de la Ferté Fresnel ou Macé, et Dieu vous a accordé la victoire en vous laissant le dernier mot. Ce pauvre docteur avait servi à son public au café par trop frelate celui que vous lui avez servi était d'une essence trop pure et a du lui causer de longues insomnies.

J'ai lu avec intérêt et plaisir le livre de Madame de Vallory.

J'espère avoir sous peu l'occasion de développer de vive voix près de vous mon appréciation, en attendant je me résume en quelques mots.

Il me semble difficile d'admettre que cet ouvrage soit les preuves de l'auteur. Il y a des recherches de style d'horreur et accouplements de mots qui dénotent l'habitude d'écrire.

La préface est piquante... En la forme peu originale au fond, mais sans lien logique avec la suite du Roman. La personnalité de l'auteur se manifeste surtout dans l'observation et la peinture des ridicules de province. Je dis des ridicules et sous des mœurs parce que le tableau est incomplet et ce n'est qu'une satire. L'histoire d'amour est un peu banale et les deux livres peu intéressants. Le livre semble avoir été écrit sous l'influence d'un ouvrage célèbre antérieur de quelques années. Même cadre à peu de chose près. Le chef-lieu d'arrondissement sur l'air du chef-lieu de canton, le notaire au lieu du médecin, l'adultère dans les deux cas, et la mort comme dénouement.

Seulement Madame Bovary est un type et l'œuvre une date dans la littérature.

L'œuvre critique sur Victor Hugo dont je vous ai parlé est intitulé Victor Hugo avant 1830 par Edmond Biré et a été insérée dans la correspondance de 1855 en plusieurs articles.

Vous y veniez développer une thèse que vous ferez bien d'étudier avant d'entreprendre votre panégyrique je vous avoue que votre "Hugolâtrie" me parait excessive.

En attendant le plaisir de vous voir, je vous serre cordialement la main.

Votre tout dévoué

Ch. Leforez

/medias/customer_2/Fonds_Prives/18Z_Vallory/18Z6/18Z6_1_jpg_/0_0.jpg
2 médias

Réponse officielle de Mme Descoutures, épouse de Reynold Descoutures (greffier de commerce à Alençon, fils de Louise Vallory ) à M. de Brébisson au sujet de l'oeuvre Mme Hilaire écrite par Louise Vallory

18Z/6 , lundi 15 octobre 1917  

15 octobre 1917

A Monsieur de Brébisson

Un peu de répit dans mes travaux de l'hôpital de la Croix Rouge me permet aujourd'hui de répondre à quelques questions relatives à Mme Hilaire et pour lesquelles vous me demandiez des renseignements que je suis honteuse de vous apporter si tard et qui à mon regret ne seront pas aussi complets que je l'aurais désiré.

Voici les renseignements biographiques concernant Louise Vallory.

L'auteur de Mme Hilaire était de son nom de jeune fille Louise Boullay. Elle était née d'un premier mariage de son père le 27 janvier 1823 avec une demoiselle Vallory et elle prit comme nom d'auteur celui de jeune fille de sa mère.

M. Boullay épousa en seconde noces une dame Leturgie, veuve d'un ancien directeur de pension à Rouen et elle-même directrice d'un pensionnat de jeunes filles très estimé. Elle était née Julia Thierry. Ce fut elle (n'ayant pas d'enfants) qui éleva sa belle-fille, née à Alençon le 15 avril 1824 et décédée à Paris le 28 mars 1879. Elle épousa en première noce le 22 avril 1844 Césaire Ernult Descoutures (né le 15 mars 1814), notaire à Domfront et qui mourut le 24 février 1846 par conséquent, après 2 ans à peine de mariage. De ce mariage naquit un enfant posthume Reynold Descoutures mon mari, le 12 juillet 1846.

Mme Descoutures se remaria le 21 mai 1851 avec M. Mesnier avoué à Versailles qui mourut lui-même le 26 avril 1854. De cette union est née une fille Thérèse, morte à 7 ans.

Le jugement que vous portez sur ce livre démodé maintenant, mais nouveau comme style et descriptions de physionomies provinciales à l'époque où il a paru est fort juste. Il a eu le grand tort d'être édité lorsque tous les personnages étaient encore vivants et leurs travers étaient si bien décrits qu'ils se sont tous reconnus. De là, fureur compréhensible. De plus, la vérité a été faussée complètement en faveur du roman et je tiens à vous dire que les scènes les plus scabreuses n'ont existé que dans l'imagination de l'auteur et que les personnages déchirés à belles dents étaient de très honnêtes gens. Le roman n'est pas l'histoire. Comme le disait autrefois mon mari, qui sur ce point se rencontrait avec vous. Le livre manque à la première condition de toute œuvre d'art qui veut qu'à côté des personnages antipathiques, il y ait au moins pour faire contraste, un personnage sympathique.

Ensuite Mme Mesnier, n'aurait jamais dû ne fût-ce que par égard pour son fils tourner en ridicule son mari qui s'il n'était pas un homme de salon était du moins une des hommes les plus sérieux et en même temps les plus loyaux et le plus aimés de l'arrondissement de Domfront. Lorsque Louise Vallory fait quitter à son héroïne le domicile conjugal et la fait mourir, ce n'est qu'une pure imagination pour rendre la plus intéressante car pendant la courte durée de leur mariage M. et Mme Descoutures ont toujours conservé les apparences d'un ménage sinon uni du moins des plus réguliers.

Tels sont Monsieur les quelques faits que j'apporte avec plaisir à votre titre de savant et d'amateur des choses locales qui forment la petite histoire à côté la grande. Après avoir connu la mère par ses œuvres, voulez-vous me permettre de vous adresser aujourd'hui le recueil de souvenirs de son fils que j'ai recueillis et fait imprimer moi-même après sa mort. Il n'est pas dans le commerce car j'estimais que ces poésies sont intimes, ayant surtout la valeur du souvenir, ne devaient pas être livrés aux regards curieux et aux critiques. Je serais heureuse s'il pouvait figurer avec honneur dans votre bibliothèque.

Veuillez recevoir Monsieur la meilleure expression de mes sentiments sympathiques et distingués.

 

 

/medias/customer_2/Fonds_Prives/18Z_Vallory/18Z5/18Z5_1_jpg_/0_0.jpg
2 médias

Réponse de Mme Descoutures, épouse de Reynold Descoutures (greffier de commerce à Alençon, fils de Louise Vallory ) à M. de Brébisson

18Z/5 , 04 mai 1917  

Les Forges 4 mai 1917

Notes de Reynold Descoutures sur Mme Hilaire :

Le livre manque à la première condition de toute œuvre d'art qui veut qu'à côté des personnages antipathiques il y ait au moins pour faire contraste au personnage sympathique. 2e Mme Vallory n'aurait jamais dû ne serait-ce que par égard pour moi tourner en ridicule M. Descoutures qui s'il n'était pas un homme de salon était du moins un des hommes les plus sérieux et en même temps les plus loyaux et les plus aimés de tout l'arrondissement de Domfront.

Pour l'éclaircissement du livre, j'ai mis à votre intention quelques notes en fin de pages encore bien que cet ouvrage soit une autobiographie, il faut cependant faire la part du roman. Madame Vallory c'était le nom de sa mère) a bien pu dans son livre, faire quitter à son héroïne le domicile conjugal et la faire mourir pour la rendre plus intéressante. La vérité est que M. et Madame Descoutures pendant la courte durée de leur mariage (de 1844 à 1846) ont toujours conservé les apparences d'un ménage sinon uni du moins des plus réguliers et que M. Descoutures est mort en 1846, Madame Descoutures a prolongé son existence jusqu'en 1879.

Fin des résultats