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  • LES PARCS

Préface

De par sa localisation géographique et sa proximité avec des massifs forestiers importants tels que la forêt domaniale d’Écouves, au nord, et la forêt de Perseigne, au sud, la ville d’Alençon bénéficie d’atouts naturels incontestables. Les Archives municipales d’Alençon, en collaboration avec le service Espaces verts et espaces urbains, vous proposent de remonter aux origines, de parcourir des parcs, des jardins, des squares alençonnais et de découvrir la richesse d’un patrimoine végétal divers et varié, bien souvent méconnu. Le jardin — aussi bien public que privé — était autrefois conçu pour être vu. Regarder le paysage, c’est s’attacher à des choses que l’on souhaite protéger, car il est devenu pour tous un patrimoine, soit considéré comme héritage de sites dont la beauté a ému des générations, soit perçu comme l’unité qui rassemble ce qui doit être conservé pour le maintien de la vie. Aujourd’hui le jardin correspond à une nécessité vitale. Notre sensibilité n’est pas uniquement écologique puisqu’une part de nous-même est tournée vers un avenir de transformation incessante de notre environnement, au fur et à mesure que nous devenons plus nombreux et que nos besoins changent.

Opération "Mille enfants-Mille arbres", quartier de Perseigne, photographie noir et blanc, [1970-1980], Direction de la comunication, AMA.


Introduction

Depuis le défrichement de la forêt d’Écouves, la création de promenades et l’aménagement de jardins d’hôtels particuliers comme ceux de la préfecture, l’arbre pénètre dans la ville en tant qu’élément paysager d’agrément. Au XIXe siècle, époque de la révolution industrielle et des grandes politiques hygiénistes, l’espace urbain change de nature : il convient de mieux aérer la ville grâce au creusement de grandes avenues, d’en rendre l’air plus sain notamment par la création de squares, ainsi que d’inclure des lieux publics décentralisés qui répondent aux attentes de détente en milieu ouvert exprimées par les classes populaires. Certains jardins d’agrément appartenant à la bourgeoisie alençonnaise se distinguent et les serres en fer et verre employant une ossature métallique apparaissent au détriment de la maçonnerie.
Différents concours organisés par la Société horticole de l’Orne (SHO) proposent annuellement
des jardins éphémères à la Halle au blé, à la Halle aux toiles ou aux Promenades.

Au XXe siècle, lors des deux conflits mondiaux, la rareté des produits de la terre et le rationnement des denrées encouragent la création de jardins ouvriers. Tombé en désuétude, le
jardin familial redevient dans les années soixante-dix un élément de loisir et un instrument de l’aménagement urbain. Les dénominations de « parcs », « jardins » et « squares » sont abandonnées pour celle, commune, d’« espaces verts ». Ils deviennent un équipement public urbain parmi d’autres. L’air du temps est aux lois d’orientation foncières et aux grandes politiques d’aménagement urbain pour les quartiers situés aux extrémités de la ville. Des efforts successifs sont entrepris pour l’agencement de zones non constructibles situées en bordure de la Sarthe. La prise en compte de l’environnement naturel est alors double : il fait office de coupure dans la trame urbaine entre ville centrale et extensions périphériques et il participe à la création d’un cadre de vie agréable à l’intérieur de ces dernières.










Alençon (Orne), Institution Saint-Joseph de Cluny, "Pensionnat des religieuses )", carte postale ancienne n°71, sd, AMA


Au XXIe siècle, alors qu’un retour à la nature est prôné, il devient nécessaire de la privilégier et de réintroduire la nature « sauvage et spontanée ». Une nouvelle conception du parc se développe, démonstration d’art paysager contemporain avec une exploration du rapport entre végétal et bâti, accompagné d’une redécouverte de jardins historiques. L’intérêt pour le patrimoine végétal évolue, les amateurs d’horticulture mettent en place des jardins dont le but est la protection du patrimoine végétal et des espèces cultivées, afin de redonner place aux éléments naturels
avec le thème nouveau de l’écologie urbaine et durable.

Alençon (Orne), Clinique Saint-Joseph de Cluny,  vue aérienne, Ruyant production, sd, (15x10,5).


Les Promenades, le premier jardin de ville conçu pour le public et l'agrément

Plan du grand parc d'Alençon tel qu'il était en 1678 : plan (ech. 1/23, sd.) (55.6x41).

83J2, AMA
Le 3 août 1773, Louis XV rétrocède à la Ville d’Alençon une partie de l’ancien parc du château. Les premiers défrichements débutent avec le projet de l’intendant Jullien qui remodèle la ville en créant
de larges rues soumises à un tracé géométrique rigide et en projetant la
construction du premier lotissement. En 1780, suite à la désaffection du cimetière Saint-Léonard, ce dernier est déplacé dans le parc. Il y restera jusqu’en 1801.

Plan de distribution des nouvelles rues autour du Château [1774] , Delarue (176x92).

1Fi15, AMA

Un style régulier à la française

Plan de la nouvelle promenade projetée pour la ville d'Alençon (architecte : Delarue), [1780], (47x54).

1Fi14, AMA
« La Promenade » reflète un style régulier, à la française. Le jardin est ordonné de façon très classique par une grande allée centrale bordée de deux contre-allées ainsi que deux allées latérales. De chaque côté de l’allée centrale, un espace planté d’ormeaux disposés en quinconce comprend en son centre une plate-bande rectangulaire sans plantation haute dénommée « salle verte », qui rappelle les deux tapis de gazon situés à l’entrée des Promenades. L’acquisition du jardin Saint-Joseph agrandit les Promenades jusqu’à la rue Candie ; elle permet de jouer sur une réelle perspective de l’allée centrale. Si le tracé du projet initial est toujours perceptible, un maillage d’allées obliques structurées autour d’un grand axe est aménagé.

Plan de la ville d'Alençon, détail des Promenades (1819),  feuille n°2, encre de chine et lavis d'aquarelle sur papier entoilé, (65 x 97cm)

1G3, AMA

Modification et amélioration des Promenades

Plan des Promenades élaboré par le commissaire voyer après la présentation du projet de l'architecte paysagiste Tassin et décision du conseil municipal (18 novembre 1872).

1Fi14137, AMA
En 1832, les Promenades sont considérées comme un lieu stratégique de défense. Une poudrière, remarquable sur le plan par sa forme octogonale, est exécutée par l’ingénieur Bertre à proximité de la maison du garde jardinier. Dans les années 1860 - 1870, l’état du parc se détériore. Le délabrement de la serre en bois ainsi que le déboisement inquiètent le conseil municipal, qui fait appel au jardinier paysagiste Tassin. La commission modifie son projet et décide l’aménagement de trois allées transversales, afin d’organiser l’espace en quatre parallélogrammes engazonnés avec quelques plates-bandes de fleurs et d’arbustes, bordés d’une double rangée d’arbres.
À l’extrémité, une allée circulaire de 15 mètres intègre en son centre un bassin de style Renaissance avec jet d’eau. Les angles de l’entrée principale ainsi que la partie nord-est (futur emplacement de la Roseraie) sont dessinés à l’anglaise.

Alençon (Orne), Les Promenades, carte postale ancienne noir et blanc, éditions Grand Bazar des nouvelles galeries, sd, (14x9)

4FI518, AMA

Une note pittoresque

Alençon (Orne), Le jardin public, carte postale colorisée n°114, éditions Gaby, sd, (14x9), AMA

4FI775, AMA
À la fin du XIXe siècle, les Promenades se parent d’éléments décoratifs à caractère fonctionnel : une pompe à volant en cuivre, une borne fontaine, une gloriette, une rivière, un pont en ferronnerie, un chalet de nécessité apportent une note pittoresque au parc. En 1886, Jules Boiffard installe des grilles. La glacière est aménagée dans l’ancienne poudrière et deux ans plus tard, G. Duval et A. Martin aménagent un nouveau kiosque de forme octogonale en fer et fonte.

Alençon (Orne), Les Promenades : le kiosque et le chalet, carte postale ancienne, sd, (14x9)

4FI2639, AMA

Les Promenades

Les manifestations et activités

Alençon (Orne), Le kiosque des Promenades, carte postale ancienne colorisée, éditions Maison des Magasins Réunis, Alençon, (date d'utilisation : 1906), (14x9)

4Fi2630, AMA
Au début du XXe siècle, le jardin brasse
toutes les catégories sociales. De
grandes fêtes sont organisées qui engendrent des difficultés d’accessibilité et soulignent les inégalités sociales.
Durant la Première Guerre mondiale,
les Promenades sont utilisées pour les activités sportives. Les soldats américains  jouent au baseball. En 1927, Le projet de la Roseraie est présenté au conseil municipal qui le valide. À partir des années trente, des équipements sportifs et de loisirs s’implantent : un terrain de jeux de boules lyonnaises, un tilbury, un manège de balançoires, un petit bac à sable avec fontaine en grès, un sulky et des jeux pour enfants. Dans les années soixante, le parc accueille un petit zoo, ainsi que d’autres manifestations annuelles comme la Foire de la chandeleur, le spectacle du Corso fleuri et le Festival de l’élevage…

Programme des manifestations produites au théâtre de verdure sur les Promenades, organisées dans le cadre d'une souscription pour la construction du nouvel Hôtel des Postes

1I24, AMA

Les manifestations et activités

La Roseraie

Un coin de la Roseraie  avec fontaine, carte postale semi-moderne noir et blanc, éditions d'Art Yvon, don Malicorne

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En 1927, le projet de roseraie pour le parc est présenté au conseil municipal qui le valide. Elle est aménagée en 1930. Le 22 août, la commission des visites de la SHO se rend sur place et son rapporteur nous convie à leur excursion.
Le talent du chef jardinier M. Caget est remarqué. La roseraie comporte un tracé d’allées donnant accès aux pelouses, des clôtures en treillage métallique surmontée d’arcades sur lesquelles grimpent des rosiers, des bordures de bégonias bulbeux aux coloris les plus variés, une allée circulaire , un labyrinthe en formation, massif circulaire surmonté d’une colonne en granit que domine un vase médicis en marbre,des massifs garnis avec motif, des mosaïques...
En 1936, un nouveau projet d’embellissement des Promenades est dressé par le jardinier afin de rompre avec la monotonie des carrés d’herbe.

Promenades, construction d'une serre, élévation, coupe, détail d'exécution, plan papier aquarelle traditionnel (ech : 1/200) (98.5 x 62.5).

1Fi14138, AMA

La Roseraie

Régénération du parc des Promenades

Aménagement parc des promenades (1991-1996) : plans, présentation de la maquette.

4NUM21692, AMA
À partir de 1997, une opération de régénération et de réaménagement du parc des Promenades s’inscrit dans
un contexte d’urbanisme classique. L’ouverture prend en compte l’axe de la rue Alexandre-1er, la largeur du pont de
la Briante, ainsi que la façade incurvée de l’Hôtel de ville.
La perspective est réaffirmée par un rétrécissement de l’allée centrale. Elle est bordée de plates-bandes fleuries. Les quatre rectangles traités en mail planté
sont conservés, un seul est affecté aux animaux. La fontaine est déplacée dans
l’axe de l’allée centrale, des aires de jeux sont implantés de part et d’autre d’un
labyrinthe végétal, un reboisement en trois tranches restitue les alignements
d’origines (en quinconce) mais en en allégeant la densité.

Aménagement d'un bassin parc des promenades, exécution (Cattirolo Lepage, SIREV) : plan (1999).

7543W12, AMA

Régénération du parc des Promenades

Le Parc de la Préfecture de l'Orne

Détail du jardin de l'intendance [1745], extrait du plan de la Ville d'Alençon (59 x 85 cm)

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Vers 1630, Charles Fromont de la Bernadière, receveur des tailles à Alençon, construit dans le faubourg Saint-Blaise une demeure entre cour et jardin, composée de deux pavillons dont l'espacement délimite la largeur de la grille d’entrée. Élisabeth d’Orléans, douairière de Guise, duchesse d’Alençon, l’achète en 1675 et l’agrandit. Par l’ordonnance de 1748, les biens provenant de la succession de la duchesse d’Alençon sont réunis au domaine royal. En 1750, Louis XV cède le bâtiment la ville d’Alençon qui
réaffecte la demeure au logement des intendants de la Généralité, fonction qu’elle conserve jusqu’en 1789.
En 1791, l’Hôtel de l’intendance, les avenues, les jardins sont séquestrés et appartiennent à la nation et à l’Hôtel
Dieu d’Alençon. La ville souhaite louer les jardins1. Le sieur Duvergier est envoyé en tant qu’expert pour estimer la valeur des biens en prévision d’une adjudication au 1er mars 1791 portant sur les allées, le parterre et le jardin du côté droit2. Au XVIIIe siècle, le jardin de l’intendance est intégralement de style géométrique et
régulier. Le parc et le potager représentent une surface d’environ trois hectares.

Un jardin de style mixte

Plan de la ville d'Alençon, la Préfecture (1819), feuille n°1, éch.1/500, encre de chine et lavis d'aquarelle sur papier entoilé (65x97cm).

1G3, AMA
La période charnière des XVIIIe et XIXe siècles est marquée par une évolution profonde. Le plan de 18193 fait apparaître un jardin de style mixte avec une prépondérance pour le jardin régulier dit à la française, portion dans laquelle aucun arbre n'est représenté, confirmant ainsi le caractère non boisé de cette partie classique
et géométrique. Contribuant à l'atmosphère pittoresque, deux grandes allées de tilleuls perpendiculaires s'élèvent, perpendiculairement à la bâtisse d'un côté et de l'autre en surplomb du saut-de-loup (large fossé).
Elles délimitent trois espaces recoupés d’allées. L’allée de droite limite, au nord-est, un verger dont les allées diagonales s’arrondissent en demi-cercles concentriques. Leur croisement aboutit à une allée circulaire comportant en son axe un petit pavillon. Le second espace, central, consiste en une pelouse bordée de végétation basse, agrémentée de quelques allées sinueuses... Il s’achève par un mur à hauteur d’appui, en forme de demi-lune, d’où le nom donné à la rue.

D'un jardin régulier à la française à un jardin paysager à l'anglaise

Lithographie Ville d'Alençon [XIXe siècle], Asselineau del.et lith, publié par A. Hauser.

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Enfin, au nord-ouest, un jardin potager d’une surface d’un hectare est compartimenté en six rectangles par des allées orthogonales. Une glacière est construite sur une partie trapézoïdale. Cette partition en trois espaces n’est plus perceptible sur la lithographie. L’allée de droite disparaît en 1831. Le verger et les aménagements réguliers de la partie ouest ont quant à eux complètement disparu au bénéfice d’une vaste pelouse. En 1827, le jardin potager, toujours aussi régulier, a été simplifié ; il n'y reste plus que quatre grands parterres rectangulaires avec un contour double d'alignements d’arbres difficilement perceptibles mais bien visibles sur les plans de 1827 et de 18745. De nombreux comptes rendus de la SHO mentionnent les médailles reçues pour récompenser la qualité des légumes et l'abondance de la production. La création paysagère évolue, on passe d’un jardin régulier à la française à un jardin paysager à l’anglaise.

Un jardin paysager à l'anglaise

Détail de la Préfecture [1874], extrait du plan général de la ville.

1Fi9, AMA
Le 12 juillet 1903, le parc de la Préfecture n’a pas évolué depuis la conception réalisée en 1847 par le jardinier chef M. Lecorney. Implantés en bordure le long du saut-de-loup, des sapins aux essences variées (« Wellington gigantea, Taxus varies, Abies, Cephalotaxus drupacea, Chamæcyparis nutkaensis, cedrus deodora, Thuia, Picea excelsa, Juniperus virginiana… ») délimitent la propriété. Entre 1887 et 1889, le préfet M. Leroux modifie le tracé d’après un plan d’ensemble. Le jardinier Lemasson procède à la plantation de groupes, de sous-bois en arbres et arbustes floraux. La pelouse est agrémentée de corbeilles de fleurs. La cour d’honneur est ornée de plates-bandes, massifs de rosiers, héliotropes, anthemis, géraniums bordés de bégonias... avec quelques érables. Le jardin potager, de forme rectangulaire, est accessible par une allée en pente. De larges allées organisent l’espace en huit carrés. À l'extrémité, une partie trapézoïdale entourée d’une platebande et d’une allée est plantée d'arbres fruitiers. La double allée d’arbres qui bordait l’allée centrale est remplacée par des plates-bandes de poiriers taillés et palissés en pyramide. L’ancienne serre hollandaise est changée.

Régénération du parc de la Préfecture de l'Orne

Plan d'aménagement du parc de l'Hôtel préfectoral d'Alençon (mars 1991), (éch.1/1000, Office national des forêts)

38C525, AMA
En 1991, le parc est régénéré afin de créer un sous-bois. L’étude est pilotée par l’Office national des forêts (ONF). Le tracé issu des périodes anciennes n’existe plus, hormis les deux anciens alignements. Au centre, une prairie de gazon au contour irrégulier représente une superficie de 10 000 m2 . Elle est encadrée par un écrin de végétation forestière. Le parc boisé comporte des arbres de haute tige et est structuré en 13 parcelles. L’ONF propose, outre la suppression des deux pins Weymouth, une palissade d’ifs afin de dissimuler le court de tennis.

Plan d'aménagement du parc de l'Hôtel préfectoral d'Alençon (mars 1991), (éch.1/1000, Office national des forêts)

38C525, AMA

Le parc de la Préfecture de l'Orne

Le Parc Joubert, une composition pittoresque

La clairière, allée de traverse, photographie couleur, Marion Toulouze, 2020, AMA

2020
L ’époque est celle où certains jardins d’agrément appartenant à la bourgeoisie alençonnaise se distinguent et où les serres en fer et verre employant l’ossature métallique apparaissent au détriment de la maçonnerie. Le 17 septembre 1810, le général de brigade de cavalerie Pierre Maupetit est affecté dans le département de l’Orne. Il achète aux religieuses de l’ordre de la Visitation un vaste domaine d’un peu plus d’un hectare, situé rue de l’Écusson et rue du Puits-au-Verrier. L’acte de vente en date du 20 octobre 18101 mentionne : « Cette demeure a une très belle vue sur la campagne environnante... Un croquis dessiné indique à l’arrière de la demeure, en face d’elle, d’abord une cour sablée, puis un jardin anglais, enfin un verger. Sur sa gauche une remise, une écurie pour huit chevaux, des commodités, un poulailler et immédiatement sur la droite, une grande allée de peupliers qui va rejoindre la route d’Argentan, plus à droite une charmille et un potager. »

La surface du parc est importante, puisque ses limites s’étendaient jusqu’à l’actuelle rue du Général-Maupetit entre la rue d’Argentan et celle du Puits-au-Verrier. Le 13 décembre 1811, soit un peu plus d’un an après l’achat du parc, le général décède. Un siècle plus tard, en 1911, Ferdinand Joubert, négociant en cuirs et crépins, acquiert le domaine auprès de la veuve Brunet. En 1991, la Ville d’Alençon achète aux héritiers la propriété qui comprend une maison à usage d’habitation, un magasin, des dépendances, une serre, un jardin potager et un jardin anglais. Longtemps laissée à l’abandon, la demeure, délabrée, est confiée à l’architecte Alain Juillard. La composition du parc demeure pittoresque.

un style à l'anglaise

Allée de traverse, photographie couleur, Marion Toulouze, 2020, AMA

2020
L’opération de régénération végétale et d’aménagement paysager est engagée par le service des espaces verts. Elle ne bouleverse pas les dispositions d’origine et conserve la douceur du tracé initial ainsi que l’environnement naturel. Le nouveau caractère public est affirmé par l’ouverture du mur, qui permet un accès depuis la rue d’Argentan. Le jardin s’inspire du style de la demeure et s’harmonise avec son architecture.

Une grande pelouse circulaire, « la Clairière » (un tiers de la surface totale) est intimement liée à la demeure. L’ensemble du parc se décline ensuite en une parcelle boisée de forme oblongue où la masse de plantations forestières (deux tiers de la surface totale) donne l’illusion d’être dans une forêt et dégage une atmosphère accueillante, apaisante et reposante.

Parc Joubert, projet de rénovation, plan (Jean-Luc Jourdan, éch : 1/200, 20/07/1994, n°666) (68 x 80)

20 juil. 1994

Rocailles artificielles

Rocailles, photographie couleur, Marion Toulouze, 2020, AMA

2020
Les végétaux de type rustique, judicieusement choisis, assurent un bon équilibre entre les arbres feuillus (marronniers d’Inde, tilleuls de Hollande, frênes communs, hêtres, charmes, sophoras du Japon…) et les conifères (ifs, pins, sapins…). La végétation sous couvert est composée de buis, lauriers, sureaux, charmes épines…

L’orangerie, qui permettait l’intégration en milieu urbain de plantes et d’arbres exotiques, ne dépend plus du domaine, une partie ayant été rachetée à la Ville d’Alençon.

L’omniprésence des allées et la qualité des arbres ont été accentuées par l’affirmation d’une artère principale irriguant le parc. Les quelques rocailles artificielles soulignent l’époque d’aménagement.

Trois lieux de rencontre ou de repos sont conçus et équipés de mobilier urbain.

Le 25 août 1995, les travaux de rénovation du parc Joubert sont terminés. Il ouvre au public en septembre de la même année.

Le Parc Urbain de Perseigne

Parc urbain. - Rémanégament des espaces libres, projet : plan (architectes Seture Berger et Guérin, ech. 1/500, avril 1976) (91x92).

avril 1976
L‘année 1978 marque la fin du dispositif « contrat ville moyenne » qui prévoit une subvention conséquente pour l’aménagement des villes moyennes.

L’avant-projet sommaire du parc urbain est conçu par l’architecte Lucien Kroll et présenté en commission le 12 février 1979. La maitrise d’œuvre est réalisée par le service des espaces verts.

Le 16 février 19791, le conseil municipal approuve le principe d’aménagement du premier et du plus grand parc urbain alençonnais. Initialement prévu au centre du quartier de Perseigne, il est finalement aménagé à
la périphérie et assure une bonne transition entre le milieu urbain, les jardins familiaux et la plaine des sports.

Parc urbain de Perseigne, plan reconstitué en 3 parties, avant-projet sommaire (Lucien Kroll, sd) (187x145).

Création d'un relief artificiel

Terrassement du Parc Urbain de Perseigne, photographie couleur (juin 1982)(Service des espaces verts) (17.9x13).

juin 1982
Le site ne comporte pas de relief marqué. Les terres de creusement ou de terrassement (curage de la Sarthe, démolition des bâtiments de l’hôpital, construction d’usines dans la zone industrielle Nord et déblais du plan d’eau) sont réemployées pour créer un relief artificiel et modeler des buttes de verdure de huit à quinze mètres de hauteur.

Le patrimoine végétal est essentiellement formé de trois petits bois (« petits bois de Perseigne ») et de quelques groupements d’arbres qui sont valorisés et entretenus.

Le parc urbain de Perseigne

Des ambiances paysagères

Alençon (Orne), Jardins familiaux : vue aérienne générale de la ZUP, du stade Jacques Fould, du Vélodrome et des jardins, photographie couleur, sd, AMA

Entre 1981 et 1984, différents procédés de découpage de l’espace sont proposés
avec des itinéraires tantôt serrés, tantôt dégagés en amphithéâtre de verdure, qui recréent des ambiances paysagères. Un plan d’eau de 1 300 mètres carrés agrémenté d’une cascade, différentes aires de jeux, un parcours santé, un circuit de promenade et une piste de moto-cross sont aménagés. Les
plantations sont faites plus   systématiquement sur les pourtours afin de laisser un certain dégagement au centre. Une partie de la végétation déjà existante
est conservée (arbustes, pommiers, quelques thuyas…). Les plantations sont réalisées avec un souci de sélectionner les éléments indigènes ainsi que quelques arbustes à feuilles persistantes et des conifères afin de garder un minimum de verdure durant l’hiver. Ainsi sont plantés 800 arbres, 6 000 arbustes, 220 conifères.

Crédits

Conception et textes : Archives municipales d'Alençon

Conception graphique : Zacharie Pacey

Numérisation des documents : Archives municipales d'Alençon

Panneaux de l'exposition

Livret de l'exposition

Remerciements à la Direction des archives et du patrimoine culturel de l’Orne, la Société d’horticulture de l’Orne (SHO), ainsi que Bénédicte Duthion, Jean-Pascal Foucher, Catherine Fravallo, Zacharie Pacey et Maryvonne Thoréton

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