Chargement
  • MA CHÈRE ALENÇON, L'AUTRE FRONT !

MA CHÈRE ALENÇON, L'AUTRE FRONT !

UNE SOCIÉTÉ REMODELÉE

En 1914, la ville d’Alençon s’étend sur 1061 ha dont 493 dans le périmètre de l’octroi, pour une population de 17 843 habitants. Dès les premiers mois de la mobilisation, on assiste rapidement à une désorganisation de la société  et de son économie, tous les cadres sont à reconstituer. Les conséquences de la guerre se manifestent sur tout le territoire national. Trois conséquences majeures interviennent : le manque de main d’œuvre, le solde des comptes des mobilisés au plus vite et les problèmes de circulation des marchandises mais aussi de l'argent. Estimant que la guerre serait courte, la priorité est de mobiliser suffisamment d'hommes pour égaler les forces allemandes. Les usines et les entreprises se vident de la majorité de leurs dirigeants et salariés masculins. Tous les moyens de transport sont également réquisitionnés pour acheminer les soldats. À Alençon, deux pharmacies demeurent  ouvertes mais les stocks sont rapidement épuisés en raison de la fermeture des usines de fabrication. Les boulangeries, les ateliers, les hôtels, les garages, les bourrelleries, les menuiseries, les commerces ne fonctionnent plus et sont fermés depuis la mobilisation. Les patrons et les ouvriers sont mobilisés. Dès septembre 1914, la "crise des obus" va légèrement modifier le paysage économique de la Ville d'Alençon. Les autorités militaires demandent aux industriels français de se lancer dans la fabrication massive de munitions et de se mettre au service de l'économie de guerre. Certains établissements travaillent pour la défense nationale. Ainsi, en 1917, la fonderie Mauloise, du 9 boulevard de Strasbourg, emploie 48 personnes, principalement des femmes pour fabriquer environ 500 obus par jour. Le personnel de la scierie Fontaine œuvre pour le génie militaire.  la scierie Leturc, 116 rue du Mans, l'entreprise Coureyeur, les Ateliers de Constructions d'Alençon gérés par M. MESTRE et M. BISSON font travailler 1400 hommes, 750 prisonniers de guerre, 250 chinois pour la production de baraquements, de maisons démontables, de voitures et wagons de chemins de fer, de bois ouvré de toutes sortes, de sommiers, de cartons bitumés, et 600 femmes pour la fabrication des galoches. La scierie Leturc approvisionne les forces armées en bois agraire. La fabrique Correyeur emploie une cinquantaine de personnes (dont 33 femmes) pour l'élaboration des brodequins et des chaussures pour l'armée, la société de pyrotechnie Morel produit les artifices et les fusées éclairantes. Le garage Moderne Saunier, place de la Pyramide, est un agent général de la société manufacturière d'armes et de cycles de Saint-Étienne. Il adapte ses ateliers, produit des grenades, du matériel de guerre et prend une extension considérable. 

En 1916, les nécessités de la vie économique et de la vie industrielle exigent les rappels à l'intérieur. Certains dirigeants et ouvriers spécialisés sont rapatriés du front pour faire tourner les usines aux côtés des femmes, des travailleurs étrangers, des migrants et des prisonniers de guerre.

UNE SOCIÉTÉ REMODELÉE

PÉNURIES DE  LA MAIN-D’ŒUVRE

À partir de 1916, des enquêtes sont menées pour lister les établissements fermés depuis la mobilisation, ainsi que les besoins en mains d’œuvre pour les industries et les exploitations. L'agriculture est le secteur le plus touché du manque de main d’œuvre, suivi de l'industrie métallurgique, des métiers de l'alimentation et des travaux, puis les activités des cuirs et peaux, du textile, ensuite l'imprimerie et pour terminer la minoterie. Dans le quartier de Montsort, les demandes touchent particulièrement le secteur de l'agriculture et de l'exploitation forestière, de la filature (l'usine d'Ozé) et de la boucherie. Une aide est demandée aux réfugiés. Dans le quartier de la Barre, la requête est faite pour obtenir de la main d’œuvre militaire pour les semailles de printemps. Dans le quartier de Courteille et du Plénitre, les sollicitations proviennent également du secteur de  l'agriculture, des forgerons, des charrons, des maréchaux, du commerce (des bouchers et des épiciers), du bâtiment, et de la mécanique automobile. Dans le quartier Saint-Léonard, les industries et les artisans (imprimerie, ferblantier, zingueurs, peintres, serruriers et menuisiers) sont demandeuses. Dans le quartier de Lancrel, les commerçants et les professions libérales manquent d'effectifs. À partir du 2 février 1916, un comité d'action agricole est créé. Des militaires cultivateurs comme DRIANS Albert sont détachés temporairement aux travaux agricoles. Certains ouvriers bénéficient d'un sursis pour renforcer les effectifs de l'arrière.

Guerre 1914-1918, pénuries de main-d'œuvre dans l'agriculture : correspondance. AMA.

22 août 1914

PÉNURIES DE LA MAIN-D’ŒUVRE

ASSISTANCE AU TRAVAIL

En février 1913, il n’existe à Alençon aucune société d’assistance par le travail, ni caisse de secours contre le chômage. Toutefois une somme de      17 000 F est inscrite annuellement au budget de la ville aux Ateliers de charité qui emploient les vieillards et les infirmes. En hiver, de nombreux ouvriers se trouvant sans travail, y sont admis et sont employés soit au cassage de la pierre, soit à divers travaux de voirie, nettoyage des rues, etc… Il leur suffit d’avoir 6 mois de résidence à Alençon et de venir se faire inscrire à la mairie. Leur salaire varie entre 0,75 centimes et 1 F par jour. Le 27 novembre 1914, la municipalité vote un budget supplémentaire de 4 500 F pour les ateliers de charité. Il convient à l'État d'assurer l'équilibre du marché national de la main d’œuvre. L'office départemental et municipal de placement délivre des bons afin que le chômeur bénéficie d'une réduction, voir de la gratuité du transport.

L'OFFICE DÉPARTEMENTAL ET MUNICIPAL
DE PLACEMENT

Installé Place du Palais et administré par une commission administrative et paritaire, l'office départemental et municipal de placement est chargé d’organiser :

- le placement gratuit des ouvriers et employés de l’industrie du commerce et de l’agriculture, des domestiques attachés à la personne, des mutilés et réformés de la guerre, des apprentis,

- le recrutement de la main-d’œuvre nécessaire au fonctionnement des entreprises industrielles, commerciales et agricoles,

- l’administration de la Caisse départementale de chômage.

À cet effet, l’office reçoit du département et de la Ville d’Alençon une subvention annuelle pour chacun d’eux de 4 000 F.

Création d'un bureau départemental de placement gratuit, communication de Mr le Préfet. AMA.

02/03/1918

MAIN-D'ŒUVRE SUPPLÉMENTAIRE, LES PRISONNIERS DE GUERRE

Titre de la ressource

Description de la ressource.

Dans son rapport du 29 juin 1916, M. BESNARD, agréé à la chambre de commerce d'Alençon, demande l'utilisation de la main d’œuvre des prisonniers allemands pour  enlever toutes les boues et réaliser le curage de la Sarthe à partir de l'usine d'Ozé au pont de Fresnay, comme cela a été fait pour les rivières de la ville de Mamers.

Comptabilité de la ville, budget supplémentaire pour 1917, rapport. Curage de la rivière "La Sarthe", communication de Mr l'ingénieur des ponts et chaussés, inondation rue du Chevain. AMA.

30/06/1917

SURCROÎT DE TRAVAIL LORS DE LA DÉMOBILISATION

Très rapidement des questions sur le placement des démobilisés, sur la rééducation des mutilés chez le patron, ainsi que sur le placement des veuves et orphelins de guerre surgissent. L'office de placement mentionne dans sa séance en date du 24 septembre 1919 : " le chiffre assez élevé des chômeurs parisiens qui touchent des secours chômage comprend surtout des femmes qui ne sont pas véritablement des chômeuses. En effet, la plus grande partie de ces femmes qui avant-guerre ne s’occupaient que de leur ménage, ont pendant les hostilités, travaillé dans les usines, et depuis, soit par suite du retour du mari, ou de licenciement, sont rentrées à leur foyer et profitent de cette situation pour toucher des secours de chômage".

La démobilisation donne un surcroît de travail dans les offices. Le directeur demande pour économie, un groupement de l’office avec le comité départemental d’aide aux mutilés et de l’office du logement. D'après les rapports du bureau de placement, en septembre 1919,  les offres d'emplois s'élèvent à 485 pour 1 091 demandes et 548 chômeurs ont été placés. Un an plus tard les chiffres ont largement évolué, puisque les offres s'élèvent à 1 680 (soit  plus de 3,5 fois plus) pour 1 700 demandes et 1 408 placements (soit 2,5 fois plus). Les demandes non satisfaites, sont peu importantes, sauf en ce qui concerne les chauffeurs d’autos, les employés de bureau et de commerce. Les offres non satisfaites, sont plus nombreuses et concernent tout particulièrement les services domestiques, la main d’œuvre agricole qui abandonne l'agriculture pour une autre profession, les casseurs de pierre et les carrières, les ouvriers du bois et du bâtiment. Les ouvrières ont une grande répugnance pour travailler à la filature d’Ozé ainsi qu’au tissage de crin situé rue des Tisons, en raison de l’insuffisance des salaires.

En 1919, trois cents démobilisés sur huit cents demandes ont été placés dans le département, par les soins de l’office. La procédure relative aux emplois réservés est considérée comme trop lente et trop compliquée. L'office de placement souhaite renforcer ses relations avec les écoles de rééducation. Deux écoles ont été instituées au profit des veuves de guerre : l'école de brunisseuses et l'école de postiches.

SURCROÎT DE TRAVAIL LORS DE LA DÉMOBILISATION

L'APPRENTISSAGE AU CŒUR DU DISPOSITIF

Dans presque toutes les professions, il existe une pénurie des apprentis. Chez certains patrons, notamment dans les professions féminines, l’enfant placé pour apprendre un métier, est souvent employé à toute autre besogne et le plus souvent, en sortant d’apprentissage, l’apprenti est loin de connaître son métier. La commission paritaire de l’office de placement  propose une étude sur le placement judicieux d’apprentis dans les corporations et sur la surveillance de l’apprentissage chez le patron. Cette question de l'apprentissage a déjà fait l'objet de mesures prises avant la guerre par le comité départemental d'enseignement technique. Au début de 1914, les enfants appelés à sortir de classe dans l'année, étaient réunis tous les jeudis afin de les initier aux professions où les besoins se faisaient sentir, en outre, dans un but éducatif, ces élèves visitaient les différents établissements industriels de la ville.

ORGANISATION DE LA PRODUCTION

L'organisation de la production agricole est stratégique lors des conflits, car il faut assurer le ravitaillement des armées et de la population.

Des mesures d'exception comme le contrôle des surfaces ensemencées ou la réquisition des céréales, mettent à contribution les cultivateurs. Pour moissonner en temps voulu, on mobilise toute la main d’œuvre disponible par les permissions agricoles, l'appel aux militaires. Tous les mois, le préfet exigeait des rapports de production de céréales, d’importation et de fabrication de farine.

MARCHÉS, RÉGLEMENTATIONS, TAXATIONS, PÉNURIES 

La situation matérielle reste, jusqu'en 1916, supportable. Sans qu'il y ait disette, sinon de charbon, les pénuries engendrent des hausses de prix surtout dans le secteur alimentaire. L'intervention de L'État est rendue nécessaire par les énormes besoins des armées et par l'apparition de pénuries. Il  ne prend pas en charge la production, ni les échanges mais réglemente le marché, coordonne et oriente l'activité des agents économiques. 

UNE PRODUCTION DE PAIN RÉGLEMENTÉE

Le pain, au même titre que la pomme-de-terre, reste l’aliment traditionnel de la population française en 1914. La production de blé se trouve fortement perturbée par le conflit en raison de l’occupation d’une partie des terres cultivables, du manque de main-d’œuvre mobilisée, de la raréfaction des engrais et de la désorganisation des transports. Les récoltes de blé chutent, passant de 88 quintaux à l’hectare en 1913 à 40 quintaux à l’hectare en 1917. Les importations massives de céréales ne permettent pas de compenser et coûtent très cher. Afin de permettre l’approvisionnement de la population, l’État encadre dès le début de la guerre la production de pain. Le 25 avril 1916, il institue le « pain national », aussi appelé « pain de la victoire », de moindre qualité et donc de moindre coût. Le pain perd sa couleur blanche et devient gris ou noir en raison de l’augmentation des résidus de blé dans la farine. 

LES BOULANGERIES MENACENT DE FERMER

À partir de 1916, le ravitaillement  alimentaire est de plus en plus difficile pour les troupes ainsi que pour la population. Sur 33 boulangeries, 3 sont fermées depuis la mobilisation et sept autres depuis le 27 septembre 1917 ; les autres assurent le service malgré l'absence du patron mobilisé. Certaines boulangeries fournissent le pain aux œuvres municipales alimentaires comme la soupe chaude avec la ration de pain de XXX g pour les enfants et de XXX g pour les chômeurs, constamment pesé. L'État  étudie les moyens humains, ainsi que le matériel utilisé pour doubler la production. Sur les 33 boulangeries, seulement 12 sont pourvues d'un pétrin mécanique. Les ouvriers  qui appartenaient à l’armée sont alors mis en sursis d’appel pour un certain laps de temps, un peu plus tard, les boulangères obtiennent le retour des patrons des classes les plus anciennes afin d'accroître la production. L'État recense également les agriculteurs de la commune qui se servent de leur four pour cuire le pain nécessaire  à leur consommation. Malgré tout, la chute des récoltes de blé et les difficultés pour se procurer le bois nécessaire pour alimenter les fours aggravent la situation. Les boulangeries menacent de fermer. Le Préfet, ainsi que le conservateur des forêts décident de pallier aux difficultés par l'exploitation de la forêt d'Écouves ; la Ville d'Alençon prévoit un budget supplémentaire. Encore faut-il trouver la main d’œuvre pour transporter le bois.


LE RATIONNEMENT DU PAIN

Le 16 février 1918, le pain est rationné et l’on voit apparaître les cartes de pain, donnant droit à 300g de pain par jour pour un adulte avec une ration supplémentaire pour les ouvriers des usines. Dans le même temps, l’État interdit la fabrication et la vente de pâtisseries dans les boulangeries afin de réduire les coûts et de conserver les matières premières pour la fabrication du pain. La population alençonnaise est encore alimentée par les céréales panifiables existant chez les cultivateurs de la région. En mars 1918, la Ville est obligée de recourir à l'importation des blés fournis par les alliés. La situation se dégrade encore puisqu'elle subit en plus les difficultés inhérentes aux transports.

UN QUANTUM JOURNALIER QUI POSE PROBLÈME

À partir de 1918, l'office départemental des céréales de l'Orne attribue  les farines aux boulangers en les incitant à user auprès de leur clientèle de moyens de persuasion afin que les restrictions indispensables soient subies volontairement par chacun. Les boulangers ne doivent cuire que le trentième de l'attribution mensuelle (quantum journalier). En cas de dépassement, ils auront l'obligation de fermer leur four plusieurs jours par mois.  Les archives mentionnent des plaintes. Ainsi la boulangerie Monguillon qui a repris la clientèle de la boulangerie Lenormand, explique que la clientèle ouvrière a augmenté depuis la déclaration de l'emploi des farines et que le contingentement attribué est insuffisant. Il n'est pas mentionné la prise en compte des réfugiés ou étrangers, nouveaux arrivants. Le gardien de la maison d'arrêt envoie une lettre au maire d'Alençon pour se plaindre que la boulangerie Chesnais qui dessert également les communes environnantes telles que Damigny, Lonrai, Cuissai... refuse de fournir la quantité nécessaire à la population incarcérée...
Le 8 mai 1918 , la commune réglemente la consommation du pain en créant un office communal du pain.

Création d'un office communal du pain : arrêté municipal. AMA.

08 mai 1918

RATIONNEMENT DES PRODUITS LAITIERS

RAVITAILLEMENT ET RATIONNEMENT

Budget de la ville pour 1918. Ravitaillement de la population civile, combustibles denrées alimentaires ou autres, vote de crédits. Budget de l'hospice pour 1918, legs LEGUERNAY, rapport. AMA.

22/12/1917

À partir de l’année 1916, le ravitaillement alimentaire est de plus en plus difficile pour la population. La baisse de la production, les multiples réquisitions de l’État (blé, farine, lait, œufs, sucre, viande) et la hausse des prix ne sont pas compensés par les importations. Afin de remédier à la situation, un Ministère du Ravitaillement est créé en décembre 1916 pour assurer une meilleure coordination des actions. Lors du conseil municipal du 29 juin 1916, M. LEBOUC, demande que la municipalité d'Alençon constitue également un stock d'approvisionnement de denrées, notamment de pommes de terre, de légumes et de charbon en vue de remédier à l'augmentation constante des prix et de fournir les produits de premières nécessités à des prix inférieurs de 20 à 30 % à ceux du commerce. Une commission d'approvisionnement est mise en place, sous la présidence de M. LETURC Alfred Albert, marchand de bois, même si ses propositions sont parfois rejetées par le conseil municipal.


Établissement de bains, demande de réouverture, roman peu avantageux d'Alençon, désignation d'une délégation, proposition de M. DORE. Surveillance nocturne des bateaux sur la Sarthe, demande de M. DORE. Budget entretien des chaussées pavées et répartition des rues, utilisation rue peu fréquentées comme Juiverie à la place de la Grande Rue : observation de M. DORE. Manque d'esthétique construction face du cimetière Notre-Dame, dépôts des ordures : observation de M. DORE. Approvisionnement de denrées notamment pomme de terre et charbon, revente à la population, exemple de plusieurs ville de France, demande de M. LEBOUC. AMA.

29/06/1916

DES POMMES DE TERRE AU CHAMP DE COURSE

Approvisionnement en bois de chauffage, lettre de Mr le Préfet. Attribution à la ville par le ministre de l'agriculture de pommes de terre, achat de semences. AMA.

12/05/1917
La loi du 6 octobre 1916 propose la mise en culture des terres abandonnées et met en place l'organisation du travail agricole. Le 12 mai 1917, les cultivateurs  demandent des semences de pommes de terre.  40 quintaux de pommes de terres sont livrés en gare d'Alençon et plantés sur un terrain situé sur le champ de course, dépendant de la succession LEGUERNAY.

Attribution à la ville par le ministre de l'agriculture de pommes de terre, achat de semences. Jury, nomination de délégués pour la confection de la liste préparatoire. Comité des arts appliquées, Mr LEBRUN directeur de l'école normale d'Alençon, demande de subvention. AMA.

12/05/1917

L'APPROVISIONNEMENT EN VIANDE

Au début de la guerre, le prix des denrées alimentaires augmente considérablement surtout à partir du début de l’année 1915. Le prix d’un kilogramme de bœuf passe ainsi de 2,65 F en 1914 à 12,25 F en 1918 dans la ville d’Alençon. Dès juin 1915, les bouchers éprouvent des difficultés d'approvisionnement et en raison des prix élevés, il est difficile pour l'ouvrier de se procurer de la viande.  Les denrées vendues au marché, telles que les volailles, les lapins, les fruits sont également d'un prix exagéré. Ce sont les gros acheteurs de Paris qui font ainsi augmenter les prix. Le cas de Mme ANGOT du faubourg de Courteille qui expédie pour environ 3 500 F de volailles par semaine à Rouen est évoqué... Le  3 septembre 1915, le conseil municipal oblige les commerçants à afficher l'espèce, la qualité, le poids et le prix au kilogramme de la marchandise vendue. Les bouchers doivent indiquer les prix en étiquetant les morceaux par qualités différentes. À partir de 1916, les viandes sont soumises à une taxe ; hormis le Rumsteck, le filet et le faux-filet, et le mouton. Les prix sont tellement élevés que les bouchers mentionnent le prix à la moitié du kg.
Le 27 juillet 1918, une boucherie coopérative est implantée rue des Tisons. Elle fixe les prix maximum de la viande au détail. La ville a ensuite recours à l'importation de la viande congelée des pays Anglo-saxons.

L'APPROVISIONNEMENT EN VIANDE

INSTITUTION D'UNE CARTE INDIVIDUELLE D'ALIMENTATION ET TICKETS DE CONSOMMATIONS

Guerre 1914-1918, ravitaillement alimentaire, mise en place de la carte individuelle d'alimentation et tickets de pain : circulaires préfectorales, coupons de cartes. AMA.

1918-1919

Avec la prolongation des hostilités, les restrictions à la liberté de consommation de certaines denrées de première nécessité, après plus de trois années de guerre, ainsi que les ressources ne peuvent plus être aussi abondantes qu'en temps de paix. Il faut que chaque habitant se restreigne dans la mesure nécessaire. En mars 1918, la carte individuelle d'alimentation et les tickets de consommations sont établis.

Guerre 1914-1918, ravitaillement alimentaire, mise en place de la carte individuelle d'alimentation et tickets de pain : circulaires préfectorales, coupons de cartes. AMA.

1918-1919

INSTITUTION D'UNE CARTE INDIVIDUELLE D'ALIMENTATION ET TICKETS DE CONSOMMATIONS

DES ATELIERS PUBLICS POUR LA DISTILLATION

Production de l'alcool, application de l'article 4 de la loi du 30 Juin 1916, constitution des ateliers publics, délibération du 9 septembre 1916, AMA

09/09/1916
Le 9 septembre 1916, la Ville d'Alençon constitue quatre ateliers publics pour la production d'alcool à l'emplacement de la rue de Fresnay, à proximité de l'abreuvoir pour que les lies puissent s'écouler dans la Sarthe et éviter les épidémies, sur le terre plain du lavoir public de la rue des Tisons, boulevard Duchamp, sur le terrain servant de dépôt de matériaux de la ville ainsi que sur la grande place de Courteille, rue Marchand-Saillant.

Production de l'alcool, application de l'article 4 de la loi du 30 Juin 1916, constitution des ateliers publics, délibération du 9 septembre 1916, AMA

09/09/1916

LA CHAUSSURE NATIONALE

Guerre 1914-1918, ravitaillement, "la chaussure nationale" (12 août 1917) : correspondance. AMA.

08 décembre 1917



Le 12 août 1917, le Ministère de la Guerre organise la chaussure nationale afin de permettre à la population d'acheter une paire de chaussure de bonne qualité à un prix moins élevé que celui du commerce.

Guerre 1914-1918, ravitaillement, "la chaussure nationale" (12 août 1917) : correspondance. AMA.

08 décembre 1917

PÉNURIE DES MATIÈRES PREMIÈRES

Les secteurs de l’énergie et des matières premières sont parmi les plus touchés de l’économie française durant la première guerre mondiale. L’occupation allemande et les zones de combats dans le nord et l’est de la France privent le pays de ses principales ressources en houille (75 %), fonte (81 %), acier (63 %) et surtout charbon. La pénurie de matières premières est aggravée par une situation climatique exceptionnelle, la rigueur des hivers 1917 et 1918, qui augmente la demande dans la population et fait monter les prix. Comme dans les autres secteurs économiques, l’État intervient pour réquisitionner, réglementer, taxer, importer et rationner. La rareté et le coût élevé des matières premières, ajoutés au manque de main-d’œuvre, provoquent une véritable crise des transports (tramways, chemin de fer…,), paralysant l’économie toute entière et mécontentant une grande partie de la population. La crise la plus grave a été celle du charbon, avec les deux hivers très rigoureux de 1916-1917 et 1917-1918. Pour se chauffer on coupe les arbres des bois de Perseigne, on se sert de boulettes de vieux journaux mouillés, mélangées à de la poussière de charbon, puis la commune prend en charge le ravitaillement et a recours à l'importation.

Ravitaillement en charbon par la scierie mécanique Fontaine : correspondance (7 octobre 1914). AMA.

mercredi 07 octobre 1914

PÉNURIE DES MATIÈRES PREMIÈRES

LES ÉNERGIES

Les secteurs de l’énergie et des matières premières sont parmi les plus touchés de l’économie française durant la première guerre mondiale. L’occupation allemande et les zones de combats dans le nord et l’est de la France privent le pays de ses principales ressources en houille (75 %), fonte (81 %), acier (63 %) et surtout charbon. La pénurie de matières premières est aggravée par une situation climatique exceptionnelle, la rigueur des hivers 1917 et 1918, qui augmente la demande dans la population et fait monter les prix. Comme dans les autres secteurs économiques, l’État intervient pour réquisitionner, réglementer, taxer, importer et rationner. La rareté et le coût élevé des matières premières, ajoutés au manque de main-d’œuvre, provoquent une véritable crise des transports (tramways, chemin de fer…,), paralysant l’économie toute entière et mécontentant une grande partie de la population. La crise la plus grave a été celle du charbon, avec les deux hivers très rigoureux de 1916-1917 et 1917-1918. Pour se chauffer on coupe les arbres des bois de Perseigne, on se sert de boulettes de vieux journaux mouillés, mélangées à de la poussière de charbon, puis la commune prend en charge le ravitaillement et a recours à l'importation.

Avis relatif au changement d'heure, affiche du Ministère de l'Intérieur, Imprimerie Alençonnaise (association ouvrière), 23 mars 1917,(45 x 56). AMA.

23 mars 1917

LES ÉNERGIES

RAVITAILLEMENT EN COMBUSTIBLE

Wagon citerne à Bogies de type "TP" : était attaché à la gare d'Alençon et servait au ravitaillement en combustible, carte postale couleur, Association des cartophiles amateurs de chemin de fer (ACAF), photographe Daniel Richer, 2005 (14 x 9,5), AMA.


Supplément de pain aux malades avec certificat, demande vidanges des fosses d'aisances avec des tinettes, demande de Mr LEBOUC. Distribution de pétrole, essence, etc., manque d'information, demande de Mr LEBOUC. Distribution des fruits à cidre, demande de Mr LEBOUC. Caniveaux, demande de réparation du caniveau face à l'immeuble n°12 rue du Bercail, demande de Mr LEBOUC. Tabac, établissement de carte contre l'abus lors de la distribution des provisions, demande de Mr DEMERET. AMA.

06/07/1918

RAVITAILLEMENT EN COMBUSTIBLE

LE TRANSPORT DES MARCHANDISES

LE TRANSPORT DES PERSONNES

Dès les premiers jours de la mobilisation en août 1914, l’ensemble des moyens de transport du pays (chevaux, véhicules automobiles, chemin de fer, etc.), sont réquisitionnés par l’armée pour l’acheminement des soldats, du matériel et des denrées alimentaires sur le front. 

En 1915, la municipalité demande aux commissionnaires publics de desservir les trains de 21h50 et de 22h, faute d’omnibus. Dès février 1916, les loueurs de voitures sont également touchés par les difficultés de trouver les fourrages nécessaires à l'alimentation de leurs chevaux, le manque de cochers, mobilisés, l'augmentation des tarifs  dans les réparations des voitures et harnais. Ils revendiquent auprès de la municipalité, une augmentation de leurs tarifs. La ville approuve la demande et propose pour le manque de cocher de faire appel aux femmes.

Crédits :

Conception et textes : Archives municipales d'Alençon

Numérisation des documents : Archives municipales d'Alençon

Arrière-plan : Philippe LESTIENNE

Les ressources