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  • MA CHÈRE ALENÇON, L'AUTRE FRONT !

MA CHÈRE ALENÇON, L'AUTRE FRONT !  

LA FACE CACHÉE DES CARTES POSTALES

Pendant toute la durée du conflit, des milliers de lettres et de cartes postales circulent, lient les deux fronts, apportent  parfois le réconfort,  témoignent de l'angoisse, ou évoquent des joies anticipées de la permission... Les échanges permettent de maintenir les liens dans les familles. L'élément primordial qui revient régulièrement dans toutes les cartes postales "Toujours en bonne santé" permet de rassurer les proches. L'arrière compatit aux souffrances des poilus. Tous n'ont pas cette aisance à écrire et l'écriture est parfois difficilement lisible. Très souvent, les cartes sont  écrites au crayon à papier et quelque fois à la plume et à l'encre. Le style est parfois sobre, parfois, le soldat écrit comme il parle, avec des tournures du crû car il s'adresse à une personne  proche.

CORRESPONDANCE DES SOLDATS EN GARNISON À ALENÇON

Alençon est une ville de garnison qui doit assurer le logement à l'état-major et aux soldats en garnison. Soldats et civils se côtoyaient en permanence dans la rue, au cabaret, au marché, au spectacle, à l'atelier... Les soldats écrivaient depuis un café de la rue Saint-Blaise, le foyer du soldat français...Au début de la guerre, la correspondance relate de l'ennui, de l'incertitude sur les lieux d'affectation, sur la durée de la guerre, les dernières recommandations à ceux qui sont restés, l'impatience de revoir le proche. En 1917, la séparation se fait plus pesante et une certaine lassitude est évoquée avec des souhaits de victoire, de paix et de santé... La censure militaire s'exerce auprès des soldats. Leurs positions et leurs déplacements ne figurent jamais dans leur correspondance.

LES RAPPELÉS DU FRONT

Alençon, Grande Rue, carte postale ancienne, noir et blanc, n°90, édition M. L. (date cliché : [1910-1915], utilisation : 19 mars 1917).

19 mars 1917
Des ouvriers mobilisés comme Lucien BEAUMONT ont été rappelés à l’arrière pour continuer à faire fonctionner les usines ou participer aux travaux agricoles devenant pour ceux restés sur le front, des « embusqués ». Lucien BEAUMONT, quant à lui, est mobilisé dans la scierie mécanique, à l'usine LEGUERNAY à proximité de la gare d'Alençon.

Alençon, Grande Rue, carte postale ancienne, noir et blanc, n°90, édition M. L. (date cliché : [1910-1915], utilisation : 19 mars 1917).

19 mars 1917

D'UN FRONT A L'AUTRE

Guerre 1914-1918, échange entre Charles Auguste Louis Féron et son épouse Juliette MILLET (don de Mme THORETON).

1914-1924
 LA CORRESPONDANCE ENTRE UN POILU ALENÇONNAIS ET SON ÉPOUSE
Charles Auguste Louis FÉRON naît le 29 août 1878 à Sées, réside à Alençon rue Cazault et exerce comme son père la profession de tailleur d'habits. 
Physiquement, il mesure 1m57, a les cheveux, les sourcils et les yeux châtains. Il a le nez moyen, la bouche ordinaire et le menton rond. Il est incorporé au 104e régiment d'infanterie à compter du 15 novembre 1899, qu'il quitte en septembre 1902, pour retourner chez ses parents au 13 Place du Marché aux Bestiaux. Il est affecté au 31e régiment d'infanterie en tant que réserviste. Il se marie avec Juliette MILLET le 6 février 1906 à Alençon.

Guerre 1914-1918, échange entre Charles Auguste Louis Féron et son épouse Juliette MILLET (don de Mme THORETON).

1914-1924

D'UN FRONT A L'AUTRE

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D'UN FRONT A L'AUTRE

MALADES ET BLESSÉS DE GUERRE

Il fallait écrire , écrire...pour rassurer la famille. Pour combler l'ennui, la carte est parfois illustrée de croquis, ornementée de dessins qui révèlent un don artistique de l'expéditeur. Ainsi, la carte ci-contre est illustrée de la cornette d'une sœur de la charité selon différents profils.


5796 Lyon, Parc de la Tête d'Or, un coin du Lac carte postale ancienne, noir et blanc, (date cliché : [1910-1917], utilisation : 7 avril 1918).

dimanche 07 avril 1918

ÉCHANGES STUTTGART-ALENÇON

Émile DUPONT écrit à son épouse Irène, institutrice adjointe à l'école Masson pour la rassurer et lui envoyer une carte florale de temps à autres.  Les cartes de la "Gosse" ou de la "Petite Reine" évoquent le soulagement de le savoir vivant, l'espérance d'un retour le plus prompt possible, les occupations et l'entourage de l'épouse pour faire un passer un temps qui semble figé à Alençon. Les cartes d’Émile DUPONT sont extrêmement brèves, aucun mot sur la captivité, sur la vie quotidienne du camp, ni sur le travail du prisonnier, rien n'est relaté. Quelques indices tels que le mot "Lager" (camp) ou "Gefangenenlager" (camp de prisonniers), ainsi que le tampon de contrôle "Gepruft" apposé par la censure du camp, font comprendre qu'Émile est interné en Allemagne au camp de prisonniers de Stuttgart, et que son courrier est vérifié. La mention "Feld-Postkarte" imprimée au dos confirme qu'il s'agit de cartes réservées aux militaires. Les images relatent parfois mieux que les écrits. Ainsi les cartes muséographiques racontent l'impatience de se retrouver, les sentiments, le désir et surtout la douleur. Le mot est d'ailleurs directement inscrit sur la photographie par Émile. Une autre manière de communiquer s'établit pour tromper la surveillance et la censure.

PRISONNIERS DE GUERRE

Les mauvaises nouvelles prennent parfois du temps pour arriver aux familles. Ainsi,le caporal DONZET du 103e régiment d'infanterie informe Mme PAUCTON que son mari a disparu à Ethe (en Belgique), le 22 août 1914, qu'il est probablement prisonnier de guerre et qu'elle doit prendre contact avec le service de la Croix-Rouge française. L'épouse, à la recherche de son mari disparu écrit le 2 mars 1916 au Comité de Secours du camp des prisonniers de guerre d'Ohrdruf pour obtenir des informations. Après enquête du Comité de Secours, les renseignements pris auprès du Sergent Adolphe DUTHEUIL du 103 Régiment d'infanterie témoignent du décès du caporal réserviste du 103e Régiment d'Infanterie Paul PAUCTON. Celui-ci ne pouvant annoncer la mort de l'époux renvoie le sous-préfet à ses responsabilités. Le préfet envoie une copie de la lettre au Maire d'Alençon pour informer Mme PAUCTON .

MESSAGERS DU DEUIL

Quand la mort envahit la société, l'annonce des mauvaises nouvelles représente un moment délicat. Le corps d'armée dont dépendait le soldat adressait un billet, une lettre, un télégramme au Maire de la commune et l'agent de police se chargeait de l'annoncer aux familles. Le 27 novembre 1914, le conseil municipal décide que la mission d'annonce du décès aux parents des soldats morts à l'ennemi, soit faite par deux conseillers désignés à tour de rôle, si possible anciens combattants de 1870, à la place des agents de police.
Ainsi, M.BOURGES est invité par le conseil municipal à faire part des décès aux familles, à notifier la remise de la croix de guerre et à annoncer les allocations pour les veuves, orphelins ou parents du défunt. 


DERNIÈRE LETTRE

Dernière lettre du lieutenant Camille VIOLAND, écrite au moment où il était dans les bois de la Gruerie. AMA.

30 octobre 1914
On assiste à une héroïsation et une glorification du poilu qui décrit comment le jeune blessé abrège sa convalescence pour repartir plus vite au front.

Dernière lettre du lieutenant Camille VIOLAND, écrite au moment où il était dans les bois de la Gruerie. AMA.

30 octobre 1914

DERNIÈRE LETTRE

LES CARTES MILITAIRES FRANCHISÉES

Guerre 1914-1918, correspondance des armées : carte postale de franchise militaire (CPFM) double avec faisceau 8 drapeaux alliés, visa n°8, verso les cartes du Front n°3 Aisne et Champagne, (1914-1918), éditeur A. Hatier.

1914-1918
Carte de correspondance en franchise militaire.  Le décret du 3 août 1914 autorise la franchise postale à destination ou en provenance des militaires. Ici, il s'agit d'un modèle privé. Parfois la mention FM était juste indiquée sur le courrier.

Guerre 1914-1918, correspondance des armées : carte postale de franchise militaire (CPFM) double avec faisceau 8 drapeaux alliés, visa n°8, verso les cartes du Front n°3 Aisne et Champagne, (1914-1918), éditeur A. Hatier.

1914-1918

LES CARTES POSTALES PATRIOTIQUES

Les photomontages combinant des mises en scènes réalisées en studio et des éléments dessinés représentent le songe du poilu au front, la glorification d'une infirmière  qui soigne le poilu blessé, la victoire, l'alsacienne et l'esprit de revanche...Un bref message accompagne le dessin fantaisiste.

"GRAINES DE POILUS"

L'image de l'enfant sert de support de propagande, souvent porteuse d'un message sans équivoque, soit positif qui encourage le poilu ou alors négatif envers les Allemands. Parfois représentés en braves petits soldats, les enfants sont mis en scène, ce sont "les graines de poilus", qu'il convient de conditionner et de préparer leur état d'esprit.  Les enfants écrivent d'une écriture maladroite, les pères parlent de résultats et de sagesse...

DES CARTES POSTALES PUBLICITAIRES

Crédits :

Conception et textes : Archives municipales d'Alençon

Numérisation des documents : Archives municipales d'Alençon

Arrière-plan : LESTIENNE Philippe

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