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Implantation et direction d'une maison de refuge à Alençon : Correspondance de l'abbé Lindet, de la mère supérieure de la Congrégation des Sœur Marie Joseph du Dorat (1854-1857), de l'évêque de Sée, de l'évêque de Limoges, du Ministère de l'Intérieur

6NUM/1650-6NUM/1712 , 22 mai 1852-27 juillet 1857  

6NUM1668, LETTRE ET PAPIERS CONCERNANT LE COMMENCEMENT DU REFUGE D'ALENÇON CONSERVÉ COMME SOUVENIRS MAIS NON COMME AFFAIRES 

6NUM1709-6NUM1712, lettre de l'abbé Lindet à la Révérende Mère Supérieure de la Congrégation de Marie Joseph du Dorat (22 mai 1854)

Ma révérende mère,

Je vous supplie de vouloir bien accorder à notre ville la faveur que vous avez faite à plusieurs autres, celle de nous donner des sœurs pour la Direction d'une maison de refuge. Depuis longtemps, je désirais un établissement de ce genre ; mais des circonstances aussi favorables que celles qui se produisent aujourd'hui ne s'étaient pas présentées. Il y a je crois possibilité d'acheter maintenant une maison suffisamment grande, en bon air, pouvant recevoir encore des accroissements, avec un vaste jardin, le tout d'une superficie d'environ un hectare. J'ai dû avant tout consulter monseigneur l'évêque de Sées, qui vient de m'assurer de son haute approbation et de me promettre son concours auprès du conseil général et du gouvernement.

Sa grandeur m'autorise à dire aux personnes qui pourraient me venir en aide, qu'elle recommande spécialement cette œuvre à leur générosité. Tout porte à croire que cet établissement sera bien vu de toute la ville et la nécessité est sentie.

Je suis forcé de prendre une parti à ce sujet sous huit à dix jours parce que la maison qu'il s'agit d'acquérir est convoité par d'autres personnes. Je ne pouvais cependant vous en parler plus tôt, parce que j'ignorais qu'elle fut à vendre et depuis que je l'ai  su et que je l'ai visitée (sans faire part  de mon projet). Je n'ai pris que le temps de m'assurer de l'agrément et du concours de sa Grandeur, avant de vous écrire.

Ma résolution bien arrêtée, ma révérende mère est de n'engager en rien votre responsabilité dans les frais d'acquisition et de premier établissement je prends tout sur mon compte et après m'être assuré de l'acquisition et de la jouissance de la maison sur compromis, l'acte serait passé dans le nom de votre congrégation qui n'aurait aucun frais à supporter. On pourrait commencer dans un an de la Saint Jean prochaine (24 juin) paut-être dans six mois, ou même plus tôt si des circonstances extrêmement favorables le permettaient.

Voilà ma révérende mère, le projet que j'ai l'honneur de vous soumettre et je vous conjure d'accueillir avec bienveillance. Il ne s'agirait d'abord que de deux ou trois sœurs pour fonder cet établissement ; Et si Dieu daigne le bénir, comme monseigneur vient de le bénir dans ma personne prosternée à ses pieds ou pourrait plus tard y amener une maison d'éducation correctionnelle pour les jeunes détenues jusqu'à leur âge de majorité, et le gouvernement se montre disposé à favoriser ces vues d'amélioration sociale par le concours des maisons religieuses, une maison de ce genre vient de s'ouvrir pour les garçons dans notre département. Elle est sous la direction des frères de la Grande Trappe près de Mortagne.

Vous le voyez, ma révérende mère, je suis obligé de solliciter votre réponse dans le plus court délai. La lenteur me poserait à manquer une bonne occasion qui pourrait ne pas se représenter. Je prie Dieu, la très Sainte Vierge Marie, le glorieux Saint Joseph, les anges gardiens de tant d'âmes à sauver, d'aplanir toutes les difficultés, de vous inspirer la volonté de nous venir en aide par le don de quelques sœurs.

Veuillez agréer l'hommage du profond respect et de la déférence toute  avec lesquels je suis.

Ma Révérende mère, votre très humble et obéissant serviteur.

Lindet Aumônier des prisons.

 

6NUM1693-6NUM1696, lettre de l'abbé Lindet à la Révérende Mère Supérieure de la Congrégation de Marie Joseph du Dorat (1ER octobre 1854)

Ma Révérende Mère,

D'après le vœu de Monseigneur l'évêque de Sées, j'ai rédigé le programme ou annonce de l'œuvre du refuge à fonder à Alençon. Avec le but de l'œuvre et son importance morale . J'indique la congrégation religieuse qui a bien voulu accepter la direction de l'établissement. Monseigneur à qui j'ai omis ce programme  l'a approuvé dans son entier, il était prêt à y mettre son approbation écrite et m'en autoriser l'impression et la diffusion au donateur du diocèse, quand il sut la pensée qu'il fallait préalablement soumettre le tout à monsieur le préfet, le magistrat voit d'un très bon œil, du moins nous le pensons, notre projet et d'en expliqué avec monseigneur.Je viens même d'apprendre qu'il en a parlé avec  encore deux commissions du conseil général. Après plus de deux mois d'attente j'ai reçu de monsieur le Préfet une instruction relative aux formalités qu'il entend être remplis avant qu'il puisse devoir faire à l'affaire et autoriser l'impression du programme et la quête qui doit la suivre. Il demande

1° l'état des personnes qui doivent composer l'établissement

2° que le conseil d'administration de l'ordre de Marie Joseph prévoit une délibération tendant à obtenir l'autorisation de fonder à Alençon une de ses succursales ;

3° que les soeurs qui seront envoyées souscrivent l'engagement de suivre les statuts approuvés par la maison Mère et que Madame la supérieure générale accepte leur engagement

4° la justification que l'on possède les ressources nécessaires pour la fondation de l'œuvre et son soutien.

Au reçu de cette lettre, j'avoue que j'ai cru voir dans ce luxe de formalités minutieuses un moyen d'empêcher l'exécution de nos projets. Monseigneur à qui j'ai dû en référer n'est point partagé mes inquiétudes. Il regarde tout cela quoique indispensable, comme de pure forme facile à remplir. Une seule chose la surtout préoccupé : la justification demandée par l'article 4. Il m'a ordonné sans faire actuellement imprimer ce programme de peur de blesser les susceptibilités administratives, de commencer secrètement la quête afin de nous mettre en mesure de satisfaire aux exigences de cet article. J'ai obéi, je suis allé dans plusieurs bonnes maisons et le résultat est jusqu'ici très satisfaisant. Je ne doute point que Dieu aidant, le succès ne vienne couronner nos efforts ; mais il faudrait que je pusse obtenir enfin l'autorisation de faire imprimer le programme et de généraliser la quête. Je vous prie donc ma révérende Mère de vouloir bien remplir  au plus tôt les formalités qui regardent votre main au moins la justification  exigé par le 4e articleauquel je me chatrge de répondre. Je voudrai qu'il fût en mon pouvoir de nous épargner toute cette peine mais la  chose ne dépend pas de moi.J'ai été obligé de suivre les inspirations de mon Evêque et je ne pouvais aller contre ses intentions en refusant de réclamer le concours de l'autorité administrative. Il en résulte que je suis obligé de marcher dans la voie que celle-ci m'a tracé. Je sais qu'une autre voie m'a été indiqué par madame la secrétaire générale, par sa lettre en date du 15 septembre dernier. Mais en supposant que nous réussissions auprès du conseil d'Etat sans l'intervention de l'autorité locale, celle-ci pourrait se trouver blessée et au lieu de sa bienveillance, nous pourrions ne trouver que son mauvais vouloir et une sourde opposition. Peut-être même dans ce cas, l'impression du programme et la quête seraient elles empêchées. Monsieur le Préfet m'assure qu'il n'attend lui que l'accomplissement des formalités exprimées plus haut pour compléter l'instruction de l'affaire et solliciter lui-même l'autorisation du conseil d'Etat . J'ai différé huit jours à vous informer de cet état de choses, parce que j'attendais une réponse à la prière que nous avons adressé à  Monsieur le supérieur général de vouloir bien commencer la visite de ses maisons par la nôtre et de nous honorer très prochainement de sa présence.

J'aurai voulu traiter avec lui toute cette affaire de vive voix ce qui est toujours bien plus aisé que par écrit . L'absence d'une réponse de sa part m'a contraint de vous soumettre ce qui précéde.

Il me semble qu'il vaut mieux prendre nos mesures immédiatement et satisfaire de suite aux exigences légales que d'attendre un plus long délai. Si, contre mes désirs et mon espérance, vous ne jugeriez pas à propos de remplir les formalités dont j'ai parlé et auxquelles Monsieur le Préfet tiendra, je n'en doute guère, je vous prierais de vouloir bien m'en informer. J'aurai alors à aviser, ce que je regretterais beaucoup quel parti je devrais prendre.

Veuillez agréer un nouvel hommage du sincère et profond respect avec lequel je suis.

Ma révérende mère.

 

6NUM1681-6NUM1684,lettre de l'abbé Lindet à la Révérende Mère Supérieure de la Congrégation de Marie Joseph du Dorat (28 janvier 1855)

Ma Révérende mère

J'ai bien tardé à vous écrire. Un si long silence de ma part serait impardonnable si je n'avais pas pour excuse compris de vous que l'œuvre du refuge absorbe tous mes moments. Je viens de faire sur le prix de la maison un versement de 6.000 francs, lesquels ajoutés à 5.000 francs versés précédemment élèvent à 11.000 francs, les fonds dont j'ai quittance. Reste à payer 2.000 francs pour compléter le prix d'acquisition au moyen d'un billet de 2.000 francs que j'ai souscrit, l'acte d'acquisition a été passé en mon nom et quittance le 17 janvier dernier. Dans ces 2.000 francs dus encore ne sont pas compris près de 1.000 francs pour frais d'acte, ls frais de la donation que je veux toujours faire à votre congrégation non plus que 7 à 8.000 francs qu'il faudrait bien encore pour réparations, appropriations, agrandissement et matériel indispensable mais à chaque jour suffira sa peine, et j'ai confiance que Dieu verra ce qu'il a commencé.

Dans une visite que j'ai faite, il y a quelques semaines à M. le Préfet, ce magistrat m'a laissé entrevoir que l'on pourrait s'adresser immédiatement au ministre de l'intérieur pour en obtenir l'autorisation de former à Alençon une maison de refuge. Si l'on suivait cette marche, qu'en penserait M ; le Préfet, Je l'ignore, mais je sais que vous désirons procéder ainsi. Je vous prie donc de le faire si vous n'avez pas changé d'avis. Avant de faire l'acte de donation entrevifs à votre congrégation, je désirerais que vous fussiez certaine d'obtenir l'autorisation dont je viens de parler. Par cet acte de donation, je vous transporte la propriété de l'immeuble . Cet acte est encore possible de frais équivalents à ceux du premier acte et s'il arrivait qu'après cela l'autorisation fut refusé ou que l'enquête qui sera sans doute demandée rencontrait ici des obstacles imprévus, non seulement les Frais du second acte seraient en pure perte, mais il me faudrait encore racheter de vous l'immeuble donné, admi de rentrer dans sa possession et de pouvoir en disposer.

Voici donc ce que j'ai l'honneur de vous proposer s'il peut entrer dans vos vues. Vous vous adresseriez immédiatement au ministre de l'Intérieur ou au conseil d'Etat, je ne sais lequel des deux ; Vous diriez qu'on vous offre de vous donner par acte de donation entre vifs une propriété payée, libre de toutes charges, à la condition de former en cette ville d'Alençon pour le Département de l'Orne, une maisond e refuge que la propriété offerte que vous avez fait visiter, offre par sa situation toutes les garanties de salubritéconvenables ; que cette œuvre rencontre dans la ville et le département de l'Orne une sympathie générale que la promesse de 16 à 1700 francs de secours annuels est déjà faite en faveur de cette œuvre, que très probablement ce chiffre augmentera aussitôt le projet aura reçu un commencement d'exécution ; que déjà une forte partie du mobilier nécessaire est acquise ou due à la générosté de bonnes âmes, enfin que M. l'Abbé Lindet, aumônier des Prisons d'Alençon, se dévoue tout entier au succès de cette entreprise qu'il n'abandonnera pas qu'il ne l'ait conduite à bon terme et en voir de prospérité.

Vous ajouterez que M. l'Abbé Lindet propriétaire de la maison destinée au refuge n'attend pour en faire don à votre congrégation qu'une seule chose, que vous soyez autorisée à accepter cette donation, à la condition susdite d'établir ne maison de refuge.

Il serait bon, je le pense d'adresser immédiatement cette demande. La réponse peut demander des longueurs, et je suis toujours résolu à commencer en juin et peut-être en mai prochain si vous n'y voyez pas d'obstacles. S'il est nécessaire que je vous remette une offre en forme sur papier marqué , ou par main de notaire, veuillez m'en informer au plus tôt afin que je vous envoie cette pièce . Si le moyen que je propose ne peut avoir lieu, il faudrait en revenir à M. le Préfet de l'Orne et le prier de solliciter lui-même auprès du Conseil d'État l'autorisation nécessaire.

Agrées, Ma Révérende mère l'hommage du profond respect avec lequel je suis.

Votre très humble serviteur Lindet, Prêtre

Mère Angèle est souffrante et paraît s'affaiblir depuis quelques temps. Si notre établissement refuge était formé, elle pourrait y respirer de temps en temps un meilleur air.

6NUM 1678 , lettre de la Supérieure de la congrégation Marie Joseph du Dorat à l'aumônier l'abbé Lindet (7 février)

Monsieur l'Aumônier,

Selon vos désirs exprimés dans votre lettre du 28 janvier, je me suis empressée d'écrire à M. le Ministre de l'Intérieur, dans le sens que vous m'avez indiqué et qui du reste est parfaitement conforme à nos vues. J'ai aussi écrit à la Supérieure de nos sœurs de Saint Lazare pour la prier de faire dans quelques jours, une petite visite au Ministère afin de rappeler ma lettre etd e faire en sorte qu'on ne nous fasse pas trop attendre la réponse. Nous avons donc lieu d'espérer Monsieur l'aumônier que tout ira bien et que son Excellence ne tardera pas à nous indiquer la marche à suivre et les pièces à fournir.

Je vous remercie Monsieur l'Aumônier de la bonté que vous avez eue de nous donner des nouvelles de mère Angèle nous avons appris avec bien de la peine que sa santé s'affaiblit. Je compte lui écrire dans peu de jours.

Veuillez agréer l'assurance du respect avec lequel je suis.

Monsieur l'Aumônier

Votre très humble servante.

 

6NUM1680, lettre de l'évêque de Limoges à la Révérende Mère de la congrégation de Marie Joseph du Dorat (1er mars 1855)

Mon cher Supérieur Général,

Je m'empresse de vous envoyer la lettre que je reçois de M. Le Préfet.

Si vous, la Révérende Mère et le conseil est d'avis de faire cette fondation, je l'approuverai, dans ce cas, faîtes de votre écriture sur une feuille à part le rapport que j'enverrai à M. le Préfet qui lui-même l'enverra au ministre.

Voilà une bonne occasion de faire connaître au Ministre l'état florissant et l'utilité de notre chère congrégation.

Je bénis la Révérende Mère et toutes mes chères filles de Marie Joseph

Votre bien affectionné

PS Envoyez moi votre réponse le plutôt possible.

 

6NUM/1688-6NUM1689 fondation à Alençon d'un refuge pour les libérées du département, rapport du secrétaire d'Etat (10 avril 1855)

Madame, M. L'Abbé Lindet ayant offert aux religieuses qui desservent la prison d'Alençon de donner à leur ordre une maison toute meublée, à la condition qu'il y serait organisé un refuge pour les libérées du département de l'Orne, vous m'avez fait l'honneur de me demander si je serais disposé à approuver l'exécution de ce projet.

Les sympathies qui ont accueilli l'œuvre dont il s'agit, les encouragements qu'elle a déjà reçus de la part de la population témoignent de son utilité. Je l'examinerai avec tout l'intérêt qu'elle mérite et je soumettrai, s'il y a lieu à la sanction de l'empereur lorsque j'en aurai été régulièrement saisi, la demande tendant à obtenir l'autorisation d'accepter la libéralité de M. l'Abbé Lindet. Mais il faut avant tout que cet ecclésiastique réalise ses généreuses intentions et que votre demande avec les pièces à l'appui me soit transmise par voie hiérarchique.

Les pièces à produire sont : 1°) l'acte de donation, 2°) le certificatd e vie du donateur, 3°) un exposé de sa situation de fortune et de celle de sa famille, 4°) un état de l'actif et du passif de la congrégation des religieiuses de Marie Joseph, 5°) le budget par prévisions du refuge projeté, 6°) un état de ses ressources, 7°) le procès-verbal d'estimation de la libéralité, 8°) une copie des statuts de votre ordre, 9°) l'avis du conseil de la congrégation et de son supérieur général portant acceptation provisoire de la donation, 10°) Enfin l'avis motivé de M. l'Évêque de Limoges. Vous remettrez votre demande et les pièces indiquées au Préfet de l'Orne pour en préparer l'instruction et faire procéder à une enquête publique sur l'utilité du refuge.

Agrées Madame l'hommage de mes sentiments respectueux

Le Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur.

Pour le ministre et par autorisation :

Le chef de la division d'administration générale et départementale.

Dupuis

 

 

Attestation de la Ville d'Alençon à l'abbé Lindet  (23 avril 1855).

Nous, Adjoint remplissant par intérim les fonctions de Maire de la ville d'Alençon Département de l'Orne.

Certifions

1°) que M. L'abbé Lindet Julien Benoit René demeurant à Alençon possède une fortune patrimoniale modique mais qui rigoureusement lui suffirait à cause de ses goûts simples et modestes.

2°)qu' indépendamment de son revenu personnel, il jouit en sa qualité d'aumônier des prisons de cette ville d'un traitement annuel de mille francs et d'une indemnité de logement de deux cents francs

3°) que la dame Tessier née Marie Scolastique Lindet, sa sœur et son unique héritière est, ainsi que son mari dans l'aisance et que tous deux vivent de leur revenu.

4°)que pour l'établissement à Alençon d'une maison de refuge qui serait dirigée par les religieuses de l'ordre de Marie Joseph. Monsieur l'abbé Lindet est aidé dans cette bonne œuvre par un certain nombre de personnes charitables de la ville.

En foi de quoi le présent certificat a été délivré pour servir et valoir ce que droit.

Alençon, 23 avril 1855

VERRIER Adjoint

6NUM/1687, lettre de l'abbé Lindet sur les ressources (26 avril 1855)

Ressources de la maison du Refuge à établir à Alençon (Orne), sous le vocable de : Solitude de Notre-Dame Réconciliatrice

Nota. Nous pensons qu'il n'est question ici que des ressources ordinaires, sans entrer dans l'article des recettes extraordinaires.

Article unique : Ressources ordinaires : le jardin mieux cultivé serait d'un revenu de 350 francs, produit du travail, à 150 francs par personne, cy pour 20 personnes la 1ère année : 3.000 francs, secours annuels promis : 1.800 francs, soit un total de 5.150 francs.

Fait et arrêté par nous Prêtre aumônier des Prisons d'Alençon, les présentes ressources s'élevant à la somme de cinq mille cent cinquante francs.

Alençon, le vingt six avril mil huit cent cinquante cinq

Lindet, aumôni

6NUM1674 Lettre de la congrégation Marie-Joseph du Dorat à Monseigneur l'évêque de Sées (sd).

Mr. Le Ministre de l'Intérieur

Monseigneur,

L'utilité des maisons de refuge pour les pauvres libérées est si généralement sentie ; l'expérience en a démontré  avec tant d'évidence les avantages que je viens avec une entière confiance soumettre à votre Excellence, un projet qu'elle approuvera, je n'en doute pas.

Monsieur Lindet, aumônier de la prison départementale d'Alençon, dont la surveillance est confiée à nos religieuses s'offre à faire à votre congrégation d'une maison toute meublée à la condition que nous y formions un refuge pour les libérées du département de l'Orne.

Cet immeuble que nous avons fait visiter offre Monseigneur toutes les garanties de salubrité convenable et la fondation projetée rencontre à Alençon et dans tout le département de l'Orne une sympathie générale. Monseigneur de Sées et M le Préfet de l'Orne s'y montrent très favorables. Déjà 16 à 1700 francs de secours annuels nous sont promis et probablement le chiffre augmentera dès que le projet aura reçu un commencement d'exécution.

Mr. l'abbé Lindet se dévoue tout entier au succès de cette entreprise et il ne l'abandonnera pas qu'il ne l'ait conduite à son terme. Il se propose de nous faire un acte de donation entre vifs et il n'attend pour cela que de savoir si votre Excellence accueillera favorablement notre demande c'est-à-dire si elle est disposée à approuver la fondation d'un refuge à Alençon et à nous autoriser à accepter la donation.

Daignez donc Monseigneur à nous faire connaître les intentions de Votre Excellence et si comme je le présume, elle agrée ce projet de fondation qu'elle veuille bien nous indiquer la marche à suivre et les pièces à fournir , nous nous empresserons de nous conformer à ses instructions.

Je vous prie d'agréer&

 

6NUM1704-,6NUM1707 Lettre de l'abbé Lindet au Révérend Père (12 septembre 1855)

Alençon, 12 septembre 1855

Mon Révérend Père,

J'arrive de la retraite ecclésiastique pendant laquelle, monseigneur de Sées a entretenu son chargé de projet d'établissement d'une maison de refuge à Alençon et a bien voulu recommander cette œuvre à tous les prêtres, les engageant à y donner un appui. Je suis allé hier chez M. le Préfet qui voit toujours de très bon œil notre entreprise mais qui s'en occupe lentement. Il doit m'envoyer un de ces jours une instruction concernant les formalités que j'aurai à remplir après lesquelles il veut déférer notre projet au conseil d'état et l'appeler à se prononcer sur cet objet. Il espère que notre demande sera favorablement accueillie. Ce sont des longueurs regrettables en elles-mêmes, mais qui auront pour résultat de donner à notre établissement une existence légale. Toutefois avant cette autorisation, je n'ose acquérir, je suis à même d'acheter un emplacement très convenable, solitaire que nos sœurs ont visité et qu'elles jugent propre à une fondation de cette nature. Un terrain assez vaste attenant à une maison suffisante pour un petit nombre de personnes, permet de s'agrandir par des constructions, aussitôt qu'il en sera besoin mais je le répète je ne puis guère me hasarder dans une acquisition avant d'être sûr de l'approbation du conseil d'État. Les moyens de fonder et d'entretenir l'établissement sont subordonnés à cette condition.

Et pourtant je suis pressé de commencer. J'ai pour le moment sur les bras deux filles qui ne veulent pas rentrer dans le monde et que leur famille refuse de recevoir. Elles paraissent bien disposées. Deux autres touchent à l'expiration de leur peine et sont dans le même cas et animées des mêmes sentiments. L'une d'elles espère toucher une somme de 500 Francs qui lui a été léguée par son grand-père qui vient de mourir et nous offre cet argent. Voici un moyen que j'ai imaginé, auquel j'ai médité devant Dieu, de ne point m'exposer dans une acquisition avant la décision du conseil d'Etat et néanmoins de ne pas éconduire les pauvres filles qui ne peuvent attendre si longtemps incertaines.

Je recevrai provisoirement chez moi ces quatre filles. J'ai deux grandes pièces inoccupées. L'une servirait d'atelier, l'autre de dortoir. En y joignant deux autres pièces dont je puis encore facilement disposer, je pourrais recevoir huit à dix réfugiées. Elles prendraient leur récréation dans un petit jardin attenant à ma maison et qui m'appartient. Dans ce jardin, aucune veu ne plonge des maisons voisines. J'abite au fond d'une cour fermée sur la rue par un portail ce qui ote à la maison la vue et le bruit de la rue. J'ai pour l'exécutiond e ce projet tout le Mobilier nécessaire.

Je pensais à me procurer une bonne personne qui aurait la surveillance de ces filles, avant que je n'eusse une maison à offrir à nos sœurs ; mais Mère Angelle, à qui j'ai fait part de mes vues et qui les approuve en ce qui touche la réception de ces filles chez moi provisoirement, n'est point d'avis d'en donner, même pour un temps, la Direction à une étrangère, elle pense qu'il vaudrait mieux les confier immédiatement aux mains des sœurs qui plus tard auraient à les gouverner. Je suis bien de cet avis si vous n'y voyez point d'obstacle. Dans ce cas une ou deux sœurs me seraient nécessaires immédiatement. (Je dis deux, dans le cas où vous ne voudriez pas en placer une seulement dans les conditions suivantes, car une absolument pourrait suffire d'abord. A côté de la chambre qui servirait de dortoirs, existe une autre petite pièce également disponible dans laquelle ces sœurs pourraient coucher, et de laquelle,s ans déplacement elles exerceraient la surveillance de la nuit sur le dortoir. En jou, elles seraient avec les réfugiés dans l'atelier qui peut contenir 20 personnes : deux grandes croisées sur la cour recevront l'air par la campagne, éclairent cette pièce.

La nourriture des sœurs &dans leur appartement. Je ne mangerais pas avec elles : je sais que les règlements s'y opposent. Celle des réfugiés serait préparé par ma domestique, ce qui m'épargnerait outre les frais de location d'une maison provisoire, de grandes dépenses d'approvisionnements. Il ne m'en couterait guère plus sauf la nourriture qu'il ne me coûte pour la tenue de mon ménage. Un escalier autre que celui qui conduit à mes appartements, mène à ceux qui seraient occupés par les sœurs et les réfugiées et je n'entrerai dans l'atelier que pour y adresser chaque jour quelques paroles d'édification. Ce seraient en quelque sorte deux maisons dans une.

Il y a environ 50 pas de chez moi à l'église paroissiale de Saint Léonard où les sœurs conduisent leurs filles tous les matins pour la messe, et le dimanche pour les offices, si mieux elles n'aimaient les conduire à la tribune de la chapelle de la prison à 4 minutes de chez moi, où elles pourraient être entièrement séparées des condamnées. Un loquet remis aux sœurs leur donnerait entrée et sortie sans que personne de chez moi en fut déranger. Madame la Supérieure pense pouvoir donner de l'ouvrage aux sœurs et aux réfugiées et en cas de besoin, je m'occuperais de mon côté de leur en procurer ; j'y serais intéressé. De cette sorte, notre projet de refuge recevrait immédiatement un commencement d'exécution. Un plus grand intérêt s'y attacherait ; on en comprendrait mieux encore la nécessité, toutes choses qui ne sont pas indifférentes au jugement qui sera sur l'entreprise. En cas de non approbation de la part de l'autorité ou de non succès de nos premiers essais pendant cinq ou six mois, vous retireriez vos sœurs et tout serait fini. Je renverrai les filles réfugiées ou je les placerais ailleurs ; mais je n'aurais point acquis témérairement une propriété qu'il faudrait vendre. Que si au contraire, dans quelque temps, l'œuvre est approuvée, j'achèterai immédiatement dans les conditions que vous avez approuvées dans ma première lettre mes sentiments à cet égard sont toujours les mêmes et ne changeront pas. Quant à la décision du conseil d'Etat, avec deux filles que j'ai sur les bras, et deux autres qui vont m'y tomber prochainement je ne puis l'attendre. D'ailleurs un commencement d'éxecution ne peut qu'être favorable. Je vous prie donc mon Révérend Père, de me dire au plus tôt ce que vous pensez de cet établissement provisoire chez moi, et si vous pouvez me donner immédiatement une ou deux sœurs. Mère Angèle qui me dit toujours ce qu'elle pense, n'y voit point d'inconvénient.

Un mot maintenant par rapport à Odette qui nous est venue du Dorat. Sa famille ne veut point la recevoir ; son père qui seul gagnait quelque chose vient de mourir, on en est certain. Cette pauvre fille reconnait bien franchement tous ses torts et promet de ne point recommencer. Elle appréhende souverainement deux choses : la 1ère, de se voir sur le pavé, la seconde d'être envoyée dans une maison qui ne serait pas dirigé par le sœurs de Marie Joseph. J'ai grand désir d'en essayer ; on en est content ici elle assure que son renvoi du Dorat lui servira de leçon qu'elle n'oubliera jamais. Si elle retombait dans des défauts, elle ne pourrait s'en prendre qu'à elle-même du renvoi définitif qui lui serait prononcé. Si au contraire, elle va bien, elle nous serait précieuse comme modèle d'activité, de soin d'emploi de son temps car ce sont des qualités qui la distinguent, et même alors comme modèle d'obéissance parfaite et de piété. Vous êtes trop porté à la miséricorde pour nous refuser en sa faveur, la permission de tenter à  nouvel essai.

Je sollicite sur tous les objets votre très prochaine réponse et je vous prie d'agréer l'hommage du profond respect de votre très humble serviteur,

Lindet Aumônier.

6NUM1708 Budget par prévisions de la maison du refuge à établir à Alençon (Orne), sous le vocable de Solitude de Notre Dame Réconciliatrice

Nota. Nous pensons qu'il n'est question ici que des dépenses annuelles ordinaires&

Article unique

Dépenses ordinaires

Impôts de toute nature : foncière, Portes-Fenêtres, mobilier &&&&&&&   200F

Réparations locatives et de couverture &&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..125F

Assurance contre l'incendie &&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..5F

Frais du culte : pains d'autel, cire, vin, encens, huile pour lampe de la chapelle :100F

Nourriture à 180F par personnes, ci pour 20 personnes la première année&&..3600F

Entretien à 30F par personne&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..600F

Blanchissage à 15F par personne &&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.15F

Bois de chauffage et braise &&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&300F

Eclairage&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.150F

Entretien du mobilier &&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&100F

Total&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.5480F

Fait et arrêté par nous, Prêtre, aumonier des prisons d'Alençon, soussigné les dépenses du présent budget, s'élevant à la somme de Cinq mille quatre cent quatre vingt francs.

Alençon, le vingt six avril mil huit cent cinquante cinq.

Lindet, Aumônier.

 

6NUM1671, Lettre de l'abbé Lindet à la congrégation Marie-Joseph du Dorat (10 septembre 1856)

Ma Révérende mère,

Son Excellence, Monsieur le Ministre de l'Instruction public  et des cultes vient d'exprimer à Monseigneur de Sées ses inquiétudes au sujet de l'avenir de notre maison de refuge d'Alençon. Ce qui éveille ses craintes c'est que dans le budget, par prévisions qui m'avaient été demandé, il y a un an et qui était prévus pour 1856 et qui était joint au dossier un déficit de 4530 francs était prévu pour 1856, par suite des dépenses extraordinaires que pouvaient nécessiter les frais de l'établissement d'appropriation et de nouvelles constructions. Monseigneur m'ayant communiqué la lettre de M. Le ministre, il m'a été heureusement facile de lever cet obstacle en montrant, pièces en main, que le déficit prévu alors pour le présent exercice est entièrement comblé, un exposé de notre situation financière, dont Monseigneur paraît très content et qu'il se propose de transmettre à Son Excellence, vient d'être laissé par moi entre les mains de sa Grandeur.

Elle pense qu'il est de nature à lever toute difficulté qui pourrait s'opposer à la reconnaissance légale de notre établissement d'Alençon et à l'autorisation pour vous d'accepter la donation que j'ai faite.

Mais M. le ministre pense qu'en tout cas, il serait bon d'inviter votre congrégation à faire connaître si elle serait à venir en aide à son établissement d'Alençon, si besoin en était. Monseigneur craint que l'omission de cette pièce à laquelle M. le ministre parait attacher de l'importance n'entraine de nouveaux délais et de nouvelles négociations.

Sa grandeur s'unit à moi pour vous prier de faire connaître votre sentiment à cet égard, et dans le cas où vous consentiriez à donner cette satisfaction aux susceptibilités ministérielles de vouloir bien adresser le plus tôt possible à Monseigneur de Sées une lettre déclarative de vos intentions. Sa Grandeur attendra quelques jours afin de joindre cette pièce au dossier avant de le renvoyer à son Excellence.

Je ne pense pas qu'il y ait danger pour nous à remplir cette formalité et ce serait toujours après avoir épuisé tous les autres moyens que je me déterminerais à faire un appel à votre générosité. Il faudrait un besoin ou des cas extraordinaires.

Veuillez agréer l'hommage de sincère et profond respect avec lequel je suis

Ma Révérende mère

Votre très humble et obéissant serviteur

Lindet Prêtre

 

6NUM1669, Lettre de la congrégation Marie-Joseph du Dorat à Monseigneur l'évêque de Sées (13 septembre 1856)

Monseigneur,

Sur l'invitation de Mr Lindet, aumônier de la prison d'Alençon, j'ai l'honneur d'informer Votre Grandeur que le Conseil d'administration de notre congrégation ayant été convoqué en séance extraordinaire le 12 septembre courant, il a été expliqué que « Puisque en acceptant la donation de Mr. Lindet, nous nous chargeons du refuge destiné à recevoir les libérées du Département de l'Orne, nous nous engageons en même temps, à prendre tous les moyens possibles pour le soutenir et le faire prospérer ; qu'en conséquence, la Maison Mère viendrait au secours du nouvel établissement si une nécessité grave le requérait.

Les sacrifices que nous avons déjà faits pour cette œuvre sont un garant de ceux que nous serions encore disposées à faire au besoin.

Si vous le jugez à propos, je vous prie Monseigneur d'avoir la bonté de faire connaître vos intentions à son excellence Monsieur le Ministre de l'Instruction publique et les Cultes.

Daignez agréer Monseigneur, l'hommage du profond respect avec lequel je suis.

De V. Grandeur

 

6NUM1664 , Lettre de l'abbé Lindet à la congrégation Marie-Joseph du Dorat (30 juin 1857)

Alençon, le 30 juin 1857

Ma Révérende mère,

Je me suis transporté aujourd'hui au notariat où est la minute de l'acte de donation faite par moi à votre congrégation. Mon but était de payer à l'enregistrement les droits de mutation résultant de cet acte. M. le notaire a pensé que je devais au préalable m'assurer auprès de vous, si l'acte d'acceptation provisoire fait par vous en 1855 n'aurait pas été régularisé complètement depuis l'autorisation accordée par l'empereur, et si, en conséquence, n'aurait pas été perçu sur cette acceptation le droit proportionnel de mutation ?

L'objet de cette demande est de ne pas mep poser à payer par erreur un droit que vous auriez payé vous-même au bureau de l'enregistrement.

Je vous prie aussi de m'informer si l'expédition de la minute qui m'avait été délivrée par le notaire et qui fut jointe aux pièces Jus au ministère, nous a été renvoyée ou si elle est restée dans les archives du ministère.

Dans ce dernier cas, il me faudrait délivrer une seconde expédition qui vous servirait de titre.

Je vous prie de vouloir bien m'honorer d'une réponse sur ce double sujet. Mère Angèle qui n'était peut-être pas suffisamment rétablie de son indisposition de Paris, en a éprouvé une nouvelle et vive attaque le surlendemain de son arrivée ici. De grandes douleurs à la région du Foie n'ont cédé qu'à deux applications de sangsues et d'abondantes évacuations de bile par la bouche l'ont grandement fatigué. Elle va mieux maintenant et tout fait espérer un meilleur état de santé. Peut-être quelques jours ou même deux semaines passées au refuge, où l'air est excellent, lui seraient ils avantageux. Je laisse néanmoins la chose à votre prudence et ce n'est ni un conseil, ni une demande que je vous adresse.

Veuillez agréer l'hommage du profond respect avec lequel je suis,

Ma révérende mère,

Votre très humble et obéissant serviteur,

Lindet, Prêtre                                                                                                                                                                             

 

 

6NUM1660 , Lettre de la congrégation Marie-Joseph du Dorat à l'abbé Lindet (6 juillet 1857)

 Notre Mère générale étant absente depuis trois semaines et ne doit rentrer que dans dix jours, je viens donc répondre à la lettre que vous lui avez fait l'honneur de lui adresser le 30 juin.

1° Notre Révérende Mère n'a reçu communication du décret qui autorise la donation que vous avez faite que 24 heures ou environ avant son départ, elle était occupée dans ses préparatifs de voyage et n'a pu faire régulariser l'acte d'acceptation. Elle n'a pas par conséquent payé le droit proportionnel de mutation.

2° On ne vous envoyé aucune des pièces qui composaient le dossier relatif à la donation. Le tout a été conservé dans les archives des ministères.

3° Nous vous serons bien obligées, Monsieur l'abbé, si vous voulez bien vous faire délivrer une seconde expédition de l'acte de donation pour être placée et conserver avec les autres titres de la maison mère.

Nous avons appris avec bien de la peine que mère Angèle, à son retour de Paris, a éprouvé une nouvelle et vive attaque de son indisposition.

Si le bon air de la maison du refuge peut lui être salutaire, nous consentons de bon cœur et avec plaisir qu'elle y passe quelques semaines.

Veuillez agréer du profond respect avec lequel je suis,

Monsieur l'Abbé

Votre très humble servante

 

6NUM 1656 , Lettre de l'abbé Lindet à la congrégation Marie-Joseph du Dorat (14 juillet 1857)

Alençon, 14 juillet 1857

Madame,

Il résulte aux informations que j'ai pris au Bureau de l'Enregistrement que l'acceptation provisoire doit être régularisée (rendue définitive) au notariat où a été passé l'acte de donation.

Nous serions heureux de voir Madame la Supérieure générale profiter de cette circonstance pour honorer de sa visite les deux établissements d'Alençon.

Que si la Révérende mère ne peut actuellement vous procurer ce bonheur, elle aura à choisir de deux choses l'une : ou fonder de pouvoir une personne d'Alençon pour la remplacer dans l'acte dont il s'agit ou autoriser une des deux Supérieures, mère Angèle ou mère Léontine, à accepter au nom de la congrégation de Marie Joseph la donation à elle faite le 25 avril 1855. Le dernier mode est le plus commode, parce que l'autorisation d'accepter peut-être donné par simple lettre et qu'il dispense des frais de procuration notarié et d'enregistrement. Je suis d'ailleurs assuré que ce dernier mode est suffisant.

En tout cas, il faut que l'acceptation soit régularisée dans les 3 mois de l'autorisation du gouvernement, au-delà de ce terme de rigueur, on serait passible d'un double droit de mutation.

Avant de m'honorer d'une réponse, nous attendons sans doute le retour de la Révérende mère. Permettez-moi de vous prier de lui offrir, ainsi qu'au Révérend Père, ce d'agréer pour vous l'hommage du profond respect avec lequel je suis.

Madame,

Votre très humble serviteur,

Libndet, Prêtre.

 

6NUM1650, Lettre de l'abbé Lindet à la congrégation Marie-Joseph du Dorat (27 juillet 1857)

Alençon, le 27 juillet 1857,

Ma Révérende Mère,

Je profite du départ de Sœur Saint Adrien pour vous donner un renseignement que vous désirez.

L'acte de donation a été passé le 25 avril 1885, devant Maître Lemière, notaire à Alençon.

J'ai appris ce matin, de Mère Léontine, que vous vous proposez d'envoyer prochainement votre procuration.

J'ai déjà fait savoir à M. de l'assistance générale que si vous voulez vous épargner les frais d'une procuration notariée et enregistrée, vous pouvez autoriser par simple lettre une des Deux Supérieures d'Alençon, soit mère Léontine, soit mère Angèle, à accepter au nom de votre congrégation et se faisant fort de l'agrément de ses Supérieurs Généraux, la donation du 25 avril 1855, cela suffit pleinement. C'est au bureau même de l'enregistrement que l'on m'a suggéré ce moyen, on m'a même indiqué la forme sous laquelle, cette acceptation en votre nom devrait être conçue&

J'aurai beaucoup mieux aimé que vous eussiez pu profiter de cette circonstance pour nous honorer d'une visite que nous attendons depuis plus de 6 ans.

Je suis heureux de vous annoncer que mère Angèle va bien, elle s'est rendue à pied aujourd'hui au refuge. D'où elle reviendra ce soir à pied, ce qui lui aura fait parcourir une distance de 4 kilomètres.  Elle se propose de renouveler chaque jour cet exercice qui ne peut que lui être salutaire.

Ne vous serait-il pas possible, ma Révérende mère, de venir après la cérémonie des prises d'habits et des professions ?

Il me semble bien que des affaires appelleraient ici votre présence dans les conjonctures actuelles.

Quoi qu'il en soit, veuillez agréer l'hommage du profond respect avec lequel je suis.

Ma Révérende mère,

Votre très humble et obeissant serviteur.

Lindet, Prêtre

 

 

6NUM1677, lettre de la préfecture de la Haute Vienne à l'évêque de Limoges, demande d'un rapport sur l'établissement des sœurs de Marie Joseph au Dorat, son importance et les services qu'il peut rendre (27 février 1860)

Monsieur l'abbé Lindet aumônier des prisons d'Alençon a offert aux sœurs de Marie Joseph qui desservent cet établissement et dont la maison Mère est au Dorat, de leur donner une maison toute meublée à la condition qu'elles y organisaient un refuge pour les libérées du département de l'Orne.

Mme la Supérieure Générale s'est adressée à M. le Ministre de l'Intérieur pour obtenir son autorisation ; et Mr le Ministre d e l'Intérieur avant de la donner exige un rapport de ma part sur l'importance des ressources dont pourraient disposer dès à présent les sœurs de Marie Joseph, sur le but de leur ordre et sur les services qu'elles rendent à la société.

Je suis dé des éléments nécessaires pour faire ce rapport et je viens vous prier de vouloir bien me procurer ceux qui sont à votre connaissance ou ceux que pourront vous fournir vos relations avec Mme la Supérieure.

Veuillez agréer, Monseigneur, l'assurance de ma haute considération.

Pour le Préfet empêché, le conseiller secrétaire général Gérardin

A Monseigneur l'Évêque de Limoges.

 

6NUM1690, lettre de l'évêque de Limoges à la préfecture de la Haute, rapport sur l'établissement des sœurs de Marie Joseph au Dorat, son importance et les services qu'il peut rendre EXPOSITION

Vous m'avez fait l'honneur par votre lettre du 25 février dernier, de me demander les renseignements à ma connaissances sur la congrégation de Marie Joseph dont la maison Mère est sise au Dorat Haute Vienne. Vous désirez en connaître l'importance, les ressources, la fin qu'elle se propose, les services qu'elle rend à la société. Je puis d'autant mieux vous répondre à vos désirs Monsieur le Préfet que j'ai pris cette congrégation sous ma spéciale protection. Elle vit, grandit,se développe chaque jour de plus en plus sou mon immédiate autorité ? Hereux témoin du bien que partout elle accomplit, j'aime à lui donner mes soins et à m'occuper d'elle d'une manière toute particulière. J'en visite une ou deux fois par an la Maison Mère où pour me représenter et assurer le bon gouvernement de l'ordre, j'ai établi à demeure un délégué avec le titre de supérieur général.

La congrégation légalement reconnue par décret du 28 janvier 1852, renferme en son sein plus de 400 religieuses et compte 24 Maisons de différentes catégories ainsi réparties :

 Maisons centrales : 5 Montpellier (Hérault), Rennes (Ille et Vilaine), Vannes (Morbihan),Clairvaux (Aube) et Limoges (Haute Vienne).

Prisons départementales : Alençon (Orne), Tours (Indre et Loire),Montbrison, Saint Flour (Cantal), Toulouse (Haute Garonne), Montpellier (Hérault), Bordeaux (Gironde), prison de Saint-Lazare à Paris, dont le service exige 45 religieuses

Refuge pour les filles 4 Bordeaux, Rennes, Vannes, Montpellier

Maisons d'éducation correctionnelle pour les jeunes délinquantes détenues en vertu des articles 67 et 69 du code, 3 Nazareth de Vannes, immense établissement fondé l'an dernier par la congrégation où il y a 166 jeunes détenues et qui pourrait en contenir plus de 250 ; un refuge y est annexé dans un quartier séparé, Nazareth de Montpellier, vaste et magnifique maison de campagne fondée conjointement avec Monsieur l'Abbé Coural ; 100 jeunes détenues ; un refuge y est adjoint : patronage, Paris rue de Veaugirard, 899 ; plus de plus de 100 enfants

Maison de préservation pour les enfants et les jeunes filles : 5 Les jeunes incurables à Paris, établissement récent sous le haut patronage de la princesse Mathilde Veaugirard près de Paris, Plus de 100 jeunes filles ; Saint-Symphorien (Rhône) 40 jeunes filles, le Dorat plus  de 60 jeunes filles

Petits séminaires 3 Le Dorat Felletin, Montmotrillon. Les religieuses y sont chargées des lingeries et infirmerie

La fin que se proposaient les sœurs de Marie Joseph est ainsi indiquée dans l'article 1 de leurs statuts généraux enregistrés au conseil d'Etat

Les sœurs des prisons de l'ordre de Marie Joseph ont pour fin d'assistance corporelle et spirituelle des prisonniers ; mais elles se dévouent spécialement à soigner et à guérir les âmes des personnes de leur sexe, de tout âge etd e toute condition que la justice humaine a enfermées dans des lieux de pénitence pour expier leur faute, et ne plus retomber à l'avenir, se proposant à cette fin de les surveiller, de les enseigner, de se consacrer à leur éducation religieuse, morale et industrielle, afin que par l'empire des habitudes d'ordre, d'obeissance, de tempérance, de travail, d'épargne et surtout par des vertus chrétiennes, elles fassent résolution de ne plus offenser Dieu, ni de faire tort au prochain et ne s'exposer plus ainsi aux châtiments de la récidive en cette vie, et aux peines éternelles dans l'autre.

Telle est Monsieur le Préfet, l'œuvre de dévouement à laquelle se consacrent les sœurs de Marie Joseph, œuvre tant à la fois religieuse, morale et eminemment sociale, digne de l'Eglise qui l'a fondée et de l'Etat qui l'a adoptée pour le rétablissement de l'âme flétries par le vice et le crime.

Mais aux prisons seules ne se borne pas leur zèle ; comme corollaire et complément de leur œuvre ; elles ouvrent aux filles libérées au sortie des prisons des maisons de refuge en aussi grand nomb re que la charité des fidèles et leurs propres ressources leur permettent. La fondation projetée du refuge d'Alençon n'a pas d'autres objets.

La charité leur inspire encore d'ouvrir des maisons de préservation pour les petites filles pauvres ou orphelines que l'abandon conduirait inévitablement à la misère et au déshonneur ; et plus tard pour les jeunes personnes d'un âge un peu plus avancé ; des maisons de travail, des ouvroirs où elles puissent apprendre des états convenables qui leur permettent de vivre honnêtement en travaillant.

L'exposition d'une fin si noble, si moralisante, si conforme aux besoins actuels de la société dit assez haut. Monsieur le Préfet, tout le bien que la congrégation est appelée à faire et j'ajoute qu'elle fait depuis qu'elle existe ; car cette fin, des membres la remplissent avec un dévouement sans égal et à la satisfaction des autorités ecclésiastiques, civiles, administratives et judiciaires. J'en recueille de toutes parts de nombreux et flatteurs témoignages. Vous-même Monsieur le Préfet, vous vous plaisez à reconnaître, je le sais, le zèle, le dévouement des religieuses de la maison centrale de Limoges et le bien qu'elles pèsent dans le quartier des femmes.

Les ressources du futur établissement sont :

1e Le produit du travail des libérées

2e seize ou dix sept cents francs de secours annuels qui ont été pour cette œuvre par des personnes charitables

3e Enfin si cela ne suffit pas, la congrégation est disposée à y pourvoir de ses propres ressources.

Il est vrai Monsieur le Préfet que les fonds de la Maison Mère sont engagés pour plusieurs années soit par suite d'une acquisition considérable qu'elle a faite en 1853 pour fonder à Vannes une maison d'éducation correctionnelle, soit par l'entreprise de la construction d'une chapelle dont la Maison Mère est encore privée, mais les sœurs de Marie Joseph seraient assez désintéressées pour suspendre cette construction s'il était nécessaire, plutôt que de laisser souffrir des libérées dont elles consentent à se charger.

Je dois faire remarquer, Monsieur le Préfet, que la fondation dont il s'agit aura pour base la donation que veut faire Monsieur l'abbé Lindet à la Congrégation d'une maison toute meublée et que le donateur de charge de tous les frais de premier établissement. Les sœurs de Marie Joseph n'auront donc à s'occuper que de l'entretien des libérées et elles auront de n'en augmenter le nombre qu'à proposition de leurs ressources.

Veuillez Monsieur le Préfet, excuser la longueur de ces renseignements je les ai crus nécessaires pour bien vous faire connaître l'ensemble de l'œuvre de Marie Joseph.

Veuillez ainsi Monsieur le Préfet agréer l'assurance de ma haute considération.

6NUM1701-6NUM1703 Lettre de la congrégation Marie-Joseph du Dorat à l'abbé Lindet (27 mai 1854)

Copie de la réponse faite de M. Lindet

Monsieur l'aumônier

J'ai reçu hier la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 24 et dès aujourd'hui j'en ai donné communication à notre supérieur général et à notre Conseil afin de pouvoir vous donner immédiatement une réponse comme vous le désirez.

Nous ne pouvons qu'approuver Monsieur l'aumônier le pieux dessein que vous avez formé d'établir à Alençon un refuge pour les pauvres filles qui veulent se convertir. Dans ce moment il ne nous serait pas possible de vous prêter notre concours parce que nous sommes gênés de sujets (Je veux dire de religieuses formées car nous avons bon nombre de novices et de postulantes qui se préparent à la Maison Mère). Mais puisque la fondation ne doit avoir lieu que dans un an ou au plus tôt dans 6 mois, nous serons alors en mesure de vous donner les sœurs qui seront nécessaires et nous nous associerons de grand cœur à la bonne œuvre que vous méditez.

Nous approuvons et acceptons Monsieur l'aumônier, toutes les conditions énoncées dans votre lettre, et nous sommes bien disposés à faire tout ce qui pourra dépendre de nous pour perpétuer et faire prospérer un établissement si utile. Vous avez parfaitement compris, Monsieur l'aumônier, le moyen d'assurer la perpétuité de l'œuvre il n'y en a pas en effet de meilleur que de passer l'acte d'acquisition au nom d'une congrégation, la nôtre étant autorisée par le gouvernement offre toutes les garanties désirables.

Nous espérons, Monsieur l »Aumônier que notre réponse vous satisfera pleinement et c'est notre désir bien sincère.

Veuillez agréer l'assurance du respect avec lequel je suis.

Monsieur l'aumônier

Votre très humble

Sœur Marie Augustin.

 

6NUM1699-6NUM1700 Lettre de la congrégation Marie-Joseph du Dorat à l'abbé Lindet (10 octobre 1854)

Le Dorat 10 octobre 1854,

Monsieur l'aumônier,

Je regrette beaucoup de vous avoir fait attendre si longtemps la réponse à votre honorée lettre du 1er octobre. J'étais absente lorsqu'elle est arrivée et à mon retour, j'ai été obligée de me  mettre au lit, je souffre beaucoup d'une sciatique qui me tient le côté gauche et d'une douleur très aigüe à la tête du côté droit. Voilà ce qui a occasionné ce retard.

Je viens d'apprendre par nos sœurs conseillères que comme nous l'avons désiré vous faites Monsieur l'Aumônier l'acquisition en votre nom cela étant si je ne me trompe les formalités exigées par M. Le Préfet ne pourront être remplies qu'au moment où vous nous ferez la donation. Ainsi Monsieur l'aumônier vous pouvez acheter (et pour cela vous n'avez pas besoin d'être autorisé, nous ferons ensuite des démarches pour recevoir et enfin nous remplirons les formalités exigées. Nous ne pourrions remplir l'article 4e mais vous voulez bien vous en charger.

Nous prions Dieu Monsieur l'aumônier pour qu'il bénisse vos démarches, vous n'ignorez pas que ces sortes de bonnes œuvres sont toujours traversées ; c'est une preuve qu'elles sont agréables à Dieu.

Veuillez agréer.

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1 média

Extrait de la matrice cadastrale des propriétés bâties (cases 481-1115), folio 600.

1G/29 , 1825-1911  

Parcelle A180

En 1880-1882, la maison (cour et sol), ainsi que le jardin sont achetés par Adrien Lhermier, juge suppléant au tribunal civil d'Alençon, qui demeure au 4 rue de Bretagne. Il est également rentier et propriétaire quatre maisons dont deux sont situées dans la rue Cazault. Les autres sont localisées Place d'Armes, rue de l'Émulation, Ruelle des Poulies, Rue de Bretagne, ainsi que quelques pièces de labours et de prés implantées au lieu-dit "Les ruisseaux"