A la découverte du jardin de la Maison Neuve d'Émile Richer
Le 16/07/2020 à 16h38 par Sylvie Lestienne
Résumé

A ne pas manquer !!!  Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, les Archives municipales d'Alençon avec l'accord du propriétaire Nicolas Thuillier vous convient à la découverte d'un jardin remarquable typique du XIXe siècle où le végétal, les enrochements, le relief, le petit lac, la grotte, la serre métallique...donnent une impression d'immensité et d'un relief modelé. Conçu par le manufacturier Émile Richer, tout concourt à révéler le caractère pittoresque de la nature.

Le 19 et 20 septembre de 14h30 à 17h au 110-112 avenue du Général Leclerc, 61000 Alençon

 

 

Au XIXe siècle,  les maisons des faubourgs se développent et possèdent généralement un jardin de plus grande capacité que celles situées dans le centre-ville. Si le jardin public devient un lieu indispensable de sociabilité urbain, le jardin privé connaît également un renouveau. En 1850 , Louis Richer-Levesque, manufacturier industriel, Président du tribunal de commerce et conseiller municipal achète une ancienne auberge et quelques pièces de labours. En 1863, son fils  Emile Richer s’installe dans la maison qu’il va hériter en 1872 et la transforme, donnant un cachet particulier à l’endroit. Le logis tout en étant d’architecture modeste, se distingue de la banale maison de maître. Si la façade sur rue est d’une extrême simplicité et très sobrement traitée, la façade postérieure est ornée de faux bois ciment et d’une serre, verrière à armature métallique sur pilotis achevée en 1888. En 1894, Emile Richer ajoute une tourelle sur le pignon du pavillon. Le jardin a le charme des jardins anglais où le romantisme et le pittoresque règne. Il répond clairement à un désir d’esthétique et de représentation sociale. Même si les comptes rendus des visites de la SHO décrivent à plusieurs reprises les différents jardins de style pittoresque réalisés par l’horticulteur paysagiste Ernest Lemée , toutefois le jardin d’Emile Richer demeure atypique avec ses ornementations faux bois ciment et ses aménagements rocailles. Aucun ne fait mention de structure métallique. L’ensemble comporte un verger, un potager et un parc soit d’un peu plus d’un ha où l’imitation de la nature joue un grand rôle. Les arbres sont disposés sans ordre apparent, les pelouses occupent la quasi-totalité du terrain ne laissant aucune place aux allées. Un étang artificiel au tracé irrégulier est alimenté par le ruisseau du Gué de Gesne, agrémenté d’un rocher artificiel sur lequel prône la statue fontaine d’une jeune femme dont le corps en contra posto est voilé par des drapés. Il est bordé d’un enrochement (en brique, pierre de Chaumont, mâchefer et ciment) avec effet retombant de stalactites, surmonté par un promontoire à édicule surplombé d’un belvédère. D’autres éléments décoratifs tels que le pont métallique, la gloriette à tronc d’arbres en fer et zinc reposant sur quatre piliers en fonte dont le toit ornée de feuilles d’acanthe, s’inspire de l’architecture des pagodes (sous le coup de l’influence japonaise). Leur arrangement constitue une mise en scène dans le jardin.
Ce lieu invite à la rêverie et à la flânerie. En dépit de son caractère exceptionnel en termes de détail, il demeure méconnu. Ce patrimoine demeure fragile et nécessite une restauration pour en assurer la conservation. L’objectif de cette publication est d’en révéler tout l’intérêt.

 

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